Politique

Présidentielle en Guinée : Mamadi Doumbouya vers une consécration électorale sans surprise

Quatre ans après le coup d’État de 2021, la Guinée a organisé sa première élection présidentielle post-transition. Un scrutin apaisé, marqué par une participation élevée, mais dominé sans partage par le chef de l’État sortant, annoncé grand vainqueur.

La Guinée a tourné, ce dimanche 28 décembre, une page importante de son histoire politique. Après quatre années de transition dirigée par les militaires, les électeurs étaient appelés aux urnes pour élire un président dans un climat globalement calme. Sans suspense réel, ce scrutin a surtout confirmé la position hégémonique de Mamadi Doumbouya, auteur du putsch de septembre 2021 et candidat à sa propre succession.

Porté par une nouvelle Constitution adoptée par référendum il y a quelques mois, le président-candidat a largement occupé l’espace politique et médiatique durant la campagne. Son mouvement, Génération pour la modernité et le développement (GMD), a multiplié les meetings autour d’un message clair : une victoire dès le premier tour. En face, l’absence des principaux partis d’opposition, dont plusieurs leaders vivent en exil, a fortement déséquilibré la compétition. Huit autres candidats figuraient pourtant sur les bulletins de vote, mais leur faible notoriété n’a pas permis d’instaurer une dynamique concurrentielle crédible.

Malgré un engouement jugé modéré avant le scrutin, la Direction générale des élections annonce un taux de participation de 85 %. Les opérations de vote se sont déroulées sans incidents majeurs à travers le pays. Les autorités ont néanmoins indiqué avoir démantelé, à la veille du scrutin, un groupe armé dans la périphérie de Conakry, soupçonné de velléités déstabilisatrices. Une enquête est en cours.

Au-delà de l’enjeu électoral, cette présidentielle était scrutée de près par les partenaires économiques de la Guinée. La junte au pouvoir a, ces dernières années, cherché à rassurer sur la continuité de l’État, notamment dans le secteur minier. Le projet du gisement de fer de Simandou, longtemps en sommeil, a connu une accélération décisive sous l’impulsion de Mamadi Doumbouya. Selon le FMI, cette dynamique pourrait se traduire par une croissance de 7,2 % en 2025, puis de 10,5 % en 2026, plaçant la Guinée parmi les économies les plus dynamiques de la région.

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