Entreprises : Le GECAM alerte sur la dégradation des performances
Au cours du 2ème trimestre 2025, les entreprises ont fait face à une détérioration générale de leurs performances. Une situation qui s’est illustré par des chiffres d’affaires négatifs ; une trésorerie instable et une production en berne. Les petites et moyennes entreprises constituant la branche la plus affecté avec des soldes d’opinions oscillants entre -40 et -41,5 points, révèle le Tableau de bord de l’économie publié par le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM).

Contrairement au premier trimestre 2025, les soldes d’opinions du second expriment un pessimisme ambiant des chefs d’entreprises. Loin des grandes entreprises qui parviennent à surmonter une multitude de défis, ce malgré la persistance de contraintes exogènes telles que les retards de paiement et la rareté des matières premières. Les PME payent le lourd tribut ; une tendance attribuée à « un environnement économique marqué par un renchérissement des coûts d’approvisionnement en matières premières, les difficultés d’accès à l’énergie, et au financement », assure le patronat camerounais. Dans le détail, plus de 83 % des entreprises signalent des difficultés d’accès à l’énergie, 77 % évoquent des problèmes d’accès au financement. Outre l’accès aux devises qui demeure une difficulté pour 77,6 % des entreprises (+8 points), 76 % relèvent une hausse des coûts de passage portuaire (+6,4 points) et 71 % signalent une augmentation des prix du fret (+13,4 points). Tandis que 74,3 % et 72,4 % des entreprises mentionnent respectivement les prix et la rareté des matières premières, illustration parfaite des variations en cours dans les secteurs agro-alimentaire, banques-assurances …etc.
L’agro-alimentaire, une filière tirée par l’endettement
Une analyse du solde d’opinions sur la dynamique des entreprises au cours 2ème trimestre 2025 montre une détérioration globale des indicateurs de perception de la performance. Entre le premier et le second trimestre, cette dernière s’est dégradée de 20 points concernant le chiffre d’affaires, de 10 points pour le résultat, de 5 points pour la situation de trésorerie et de plus de 50 points sur l’endettement. Et malgré le ressenti d’un ralentissement significatif de dynamique haussière des coûts de production ; cela n’a pas suffi à atténuer les autres contraintes pesant sur
l’activité. Selon les enquêtes de conjoncture du Gecam, les principales faiblesses se structurent autour de l’approvisionnement et de la rareté de la matière première. Les aspects sécuritaire, administratif ; la concurrence déloyale ; la douane et l’accès mitigé au financement n’étant pas en reste.
Commerce et distribution en panne
Les soldes d’opinions sur la dynamique des ventes ou du résultat affichent une tendance négative de 30 et 20 points respectivement. À ce propos, la situation de la trésorerie s’avère particulièrement préoccupante avec un solde de -54 points. D’après le patronat, « Les difficultés liées à l’approvisionnement et au recouvrement des créances expliquent cette situation dans le secteur. Pour ces entreprises, l’approvisionnement est un aspect capital en lieu et place de la production dans les industries. Ainsi, les pesanteurs qui affectent ce processus ont été les principales contraintes en l’occurrence, la réglementation de change, le coût du fret. Parallèlement, le recouvrement des créances constitue également une préoccupation majeure ».
Banques et assurances, une résilience actée
En se référant aux enquêtes de conjoncture patronat camerounais, le secteur a connu une nette amélioration de ses performances. En effet, les principaux indicateurs de performance, à savoir la dynamique du chiffre d’affaires, des résultats et de la situation de trésorerie, sont tous passés au vert. Les soldes d’opinions ont respectivement atteint 31,6 ; 50 et 36,9 points avec des évolutions de plus de 40 points. Pour les banques, l’évolution du chiffre d’affaires au 2ᵉ trimestre 2025 s’explique en grande partie par l’élargissement du portefeuille client et la mise en place de gros crédits. Des facteurs ayant permis non seulement d’augmenter le volume des ventes, mais aussi de consolider les revenus récurrents, contribuant ainsi à une croissance soutenue par rapport au 1er trimestre 2025. Dans le secteur des assurances, la performance est principalement attribuée au renouvellement des contrats. Malgré des avancées aussi remarquables ; deux principales contraintes ont été reportées par les entreprises de ce secteur. D’une part l’on note la disponibilité des ressources essentielles à l’exercice de l’activité d’intermédiation, notamment les réserves de changes ; et d’autre part, les difficultés liées au recouvrement des créances, en particulier les retards de paiement.
Ce que recommande le Gecam pour relever les entreprises
La situation des entreprises au cours de la première moitié de l’exercice 2025 a exprimé un péril en vue quant à l’évolution des indicateurs de performance et à la qualité de l’environnement économique. Ce qui pourrait participer au ralentissement de la création de richesse en affectant directement la mobilisation des recettes fiscales telle que projetée dans la loi de Finances 2025. Dans le but de résorber la baisse de performances en termes de chiffre d’affaires et du résultat d’exercice de ces acteurs économiques ; le Groupement des Entreprises du Cameroun propose une série de mesures. Parmi elles l’on note : l’allègement des charges des PMEs via un meilleur accès à l’énergie, l’amélioration des conditions d’approvisionnement (notamment en ce qui concerne le coût de passages portuaires) ; l’amélioration de la trésorerie des entreprises notamment la réduction des délais de paiement des créances aussi bien concernant les administrations que les contrats entre PME et grandes entreprises. Par ailleurs, la réduction des délais d’apurement de la dette intérieure et autres créances de l’Etat envers les entreprises pourrait avoir un effet catalyseur.
Dans le même temps et en matière de trésorerie des entreprises, une plus grande souplesse des administrations fiscales en termes de sévérité et de redressement apporterait une bouffée d’oxygène aux entreprises. Des mesures plus structurelles porteraient également sur l’amélioration de l’accès au financement mais également une meilleure gestion de l’implémentation des mesures relatives à la gestion des devises dans les établissements financiers. Enfin, la vulgarisation et la mise en œuvre des mesures incitatives envers les entreprises, en l’occurrence les lois sur la sous-traitance et les incitations à l’investissement privé ainsi que toutes les actions visant l’amélioration de l’inclusion financière et la résorption du déficit infrastructurel.



