Finances publiques

Politique monétaire : L’or, pilier stratégique de la stabilité du ZiG à l’horizon 2026 au Zimbabwe

Deux ans après le lancement du ZiG, sa nouvelle monnaie adossée à l’or, le Zimbabwe entend poursuivre et intensifier l’accumulation de métaux précieux. Objectif : consolider les réserves de change, renforcer la crédibilité monétaire et préserver une stabilité encore fragile dans un contexte économique contrasté.

Introduit en avril 2024, le ZiG s’est progressivement imposé dans l’économie zimbabwéenne. Selon la Banque centrale, il représente désormais près de 40 % des transactions quotidiennes. Cette progression repose sur un mécanisme central : l’adossement de la monnaie à des réserves en devises, majoritairement constituées d’or. Pour garantir la solidité du système, la Reserve Bank of Zimbabwe mise sur des achats directs de métaux précieux, complétés par les contributions obligatoires du secteur minier.

Depuis fin 2022, les entreprises minières sont tenues de s’acquitter de la moitié de leurs redevances sous forme de métaux précieux. Cette mesure a permis à la Banque centrale d’accroître significativement ses réserves. À la mi-décembre 2025, celles-ci atteignaient 1,1 milliard de dollars, contre seulement 276 millions en avril 2024, soit l’équivalent d’environ 1,2 mois d’importations. Les autorités visent désormais un niveau couvrant trois à six mois, seuil jugé plus confortable.

La dépendance du pays aux flux d’or explique aussi la prudence du gouvernement sur le plan fiscal. Le ministre des Finances a ainsi renoncé à relever immédiatement la redevance sur l’or à 10 %, préférant attendre une hausse plus marquée des cours. Une décision motivée par la crainte de voir les mineurs artisanaux, principaux producteurs du pays, se tourner vers les circuits informels, affaiblissant ainsi les réserves officielles.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte observé de près par le Fonds monétaire international. Si l’institution anticipe une croissance de 6 % en 2025, portée par l’agriculture, l’or et les transferts de la diaspora, elle souligne la fragilité persistante des réserves et la nécessité de poursuivre les réformes monétaires. En misant sur l’or, le Zimbabwe cherche donc à gagner du temps et de la crédibilité pour asseoir durablement la stabilité du ZiG.

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