Finances publiques

Marchés financiers : Au Nigeria, la dette à court terme s’impose comme moteur du financement en 2025

Porté par une utilisation accrue des commercial papers, le marché nigérian des instruments de dette à court terme a connu une expansion spectaculaire en 2025. Une dynamique soutenue par la liquidité, la confiance des investisseurs et un environnement macroéconomique plus rassurant, selon le régulateur des marchés.

Le marché nigérian des titres de créance à court terme a franchi un nouveau palier en 2025. D’après la Securities and Exchange Commission (SEC), plus de 753 milliards de nairas ont été mobilisés entre avril et octobre via des émissions de commercial papers. Sur les sept premiers mois de l’année, le volume total a atteint 1 580 milliards de nairas, soit plus du double du montant enregistré sur la même période en 2024. Cette progression illustre l’intérêt croissant des entreprises pour ces outils de financement rapides et flexibles.

Dette non garantie émise sur des maturités généralement inférieures à neuf mois, le commercial paper permet aux entreprises de couvrir leurs besoins de trésorerie à court terme. Selon la SEC, ces instruments jouent un rôle central dans le financement de secteurs stratégiques tels que l’industrie manufacturière, l’agriculture ou encore l’énergie. Le directeur général du régulateur, Emomotimi Agama, décrit ce segment comme l’un des plus actifs du marché financier nigérian.

La forte demande observée reflète une amélioration de la liquidité et un regain de confiance dans les réformes économiques engagées ces dernières années. Cette dynamique contribue à hisser la capitalisation globale du marché nigérian à un niveau inédit, proche de 150 000 milliards de nairas. Parallèlement, le marché obligataire a enregistré plusieurs opérations d’envergure, notamment un mécanisme de financement climatique de 500 milliards de nairas et une émission de 200 milliards de nairas par Elektron Finance, illustrant l’attrait pour les projets d’infrastructures et de finance durable.

Le contexte macroéconomique plus favorable, marqué par une amélioration de la notation souveraine du Nigeria et la sortie du pays de la liste grise du GAFI, a également soutenu les marchés. Malgré un épisode de volatilité en novembre, attribué à des prises de bénéfices et à des incertitudes fiscales, la SEC assure que la tendance s’est redressée. La récente réduction du délai de règlement-livraison à T+2, avec l’ambition d’atteindre T+1 voire le temps réel, devrait encore renforcer l’attractivité et la résilience du marché financier nigérian.

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