Finances publiques

Finances publiques : Dakar veut tourner la page et renouer vite avec le FMI

Confronté à un niveau d’endettement record, le Sénégal affiche sa volonté de parvenir rapidement à un nouvel accord avec le Fonds monétaire international. Les autorités assurent que les discussions techniques progressent, malgré des désaccords politiques sur la question sensible de la restructuration de la dette.

À Dakar, le ton se veut résolument optimiste. Devant l’Assemblée nationale, le ministre des Finances, Cheikh Diba, a indiqué que les négociations avec le Fonds monétaire international avancent de manière « satisfaisante ». Selon lui, les équipes des deux parties travaillent activement sur plusieurs volets clés, allant de la fiabilité des statistiques macroéconomiques à l’assainissement des finances publiques, en passant par la gestion de la dette. Cette dynamique vise à aboutir, dans les meilleurs délais, à un nouveau programme de soutien financier, alors que le pays fait face à d’importantes contraintes budgétaires.

Les relations entre Dakar et le FMI avaient été fragilisées en 2024, après la suspension d’un programme d’environ 1,8 milliard de dollars. En cause : la mise au jour d’engagements financiers non signalés par les précédentes autorités, ayant fortement aggravé l’endettement national. D’après le FMI, la dette publique sénégalaise aurait atteint près de 132 % du PIB fin 2024, un niveau jugé préoccupant. Depuis, les autorités actuelles s’efforcent de restaurer la crédibilité du pays auprès de ses partenaires financiers. En décembre dernier, le FMI a d’ailleurs salué des avancées notables dans les échanges, tout en poursuivant ses propres investigations internes sur les défaillances ayant conduit à la sous-estimation de la dette.

Si le ministre des Finances adopte un discours conciliant, des divergences persistent au sommet de l’État. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment dénoncé ce qu’il considère comme des pressions en faveur d’une restructuration de la dette, une option officiellement écartée par le gouvernement. Dans l’attente d’un accord définitif avec le FMI, Dakar entend multiplier les sources de financement. Les autorités misent notamment sur un retour progressif sur les marchés internationaux, malgré l’absence d’émissions d’eurobonds en 2025 et l’approche d’échéances de remboursement importantes en 2026. Un pari délicat, mais jugé indispensable pour préserver la stabilité budgétaire et répondre aux besoins de trésorerie à court terme.

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