A la UneBanques

Secteur bancaire : À la Bicec Cameroun, le redressement méthodique orchestré par Outman Roqdi

Après quatre années à la tête de la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (Bicec), Outman Roqdi quitte Yaoundé avec un bilan salué par les actionnaires. Rentabilité retrouvée, risques mieux maîtrisés et bases d’une banque modernisée : retour sur une stratégie de redressement en profondeur.

Lorsque Outman Roqdi prend les rênes de la Bicec, la banque traverse une période délicate, marquée par des pertes récurrentes et un portefeuille de créances fragilisé. Le dirigeant marocain, fort d’une longue expérience au sein du groupe Banque centrale Populaire (BCP) et de passages remarqués au Sénégal et en Côte d’Ivoire, impose rapidement une discipline de gestion plus stricte. Sa priorité : stopper l’hémorragie financière et restaurer la confiance.

Le redressement passe d’abord par un traitement en profondeur des créances douteuses. La nouvelle direction engage un vaste chantier d’assainissement et de recouvrement, tout en renforçant les mécanismes internes de contrôle. Résultat : le taux de sinistralité est progressivement contenu sous la barre des 3 %, un niveau jugé sain dans le contexte local. Cette prudence s’accompagne d’une rationalisation du bilan, qui se contracte légèrement entre 2021 et 2024, notamment sous l’effet de la baisse des dépôts.

Paradoxalement, cette approche conservatrice n’a pas freiné l’activité. Bien au contraire. Une fois les fondamentaux sécurisés, la banque relance progressivement l’octroi de crédits, qui progresse de plus de 50 % sur la période. Ce redémarrage, appuyé par un recouvrement plus efficace, soutient la dynamique commerciale et contribue directement à l’amélioration des résultats.

En quatre exercices, le bénéfice net de la Bicec connaît une hausse spectaculaire, multiplié par plus de six. Cette performance permet de renforcer durablement les fonds propres, offrant à la banque une assise financière plus solide et rassurante pour les investisseurs. Les actionnaires, au premier rang desquels figure le groupe BCP, voient ainsi leurs attentes comblées.

Au-delà des chiffres, Outman Roqdi laisse aussi l’empreinte d’une transformation structurelle. La montée en version du système informatique central marque une étape clé vers une banque plus digitale, mieux adaptée aux exigences de connectivité d’une clientèle de plus en plus nombreuse. Si le chantier n’est pas totalement achevé, les fondations d’un modèle plus agile sont posées. De retour au siège du groupe au Maroc après plus d’une décennie en Afrique subsaharienne, le banquier quitte le Cameroun avec l’image d’un dirigeant qui aura su conjuguer prudence et performance pour remettre la Bicec sur la voie de la rentabilité.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page