Madagascar : Des cas de Mpox confirmés à Mahajanga, les autorités renforcent l’alerte sanitaire
Cinq infections au Mpox ont été officiellement identifiées dans la ville de Mahajanga, au nord-ouest de Madagascar. Face à cette première alerte, le gouvernement a activé des mesures d’urgence pour contenir la maladie et prévenir toute propagation, tout en appelant la population au calme et à la vigilance.

La présence du Mpox, anciennement connu sous le nom de variole du singe, a été confirmée à Madagascar après des analyses menées par des laboratoires de référence à Antananarivo. Les résultats, communiqués le 29 décembre, font état de cinq cas recensés à Mahajanga. Dès l’annonce officielle, le ministère de la Santé publique a déclenché la prise en charge médicale des personnes infectées et le suivi étroit de leurs contacts. Un centre opérationnel d’urgence en santé publique a été mis en place afin de coordonner la réponse nationale. En parallèle, le Plan national de contingence a été actualisé et l’isolement des cas suspects est appliqué sans délai.
Les autorités sanitaires insistent sur le caractère guérissable de la maladie lorsqu’elle est détectée et traitée à temps. La ministre de la Santé publique a rappelé les principaux symptômes et les modes de transmission, notamment par contact direct et lors de rapports sexuels. Les personnes présentant des signes évocateurs sont invitées à consulter rapidement un centre de santé. Comme lors de la pandémie de COVID-19, l’adoption des gestes barrières — hygiène des mains, limitation des contacts physiques et prudence dans les échanges d’objets personnels — est de nouveau recommandée.
La confirmation du Mpox soulève également des inquiétudes environnementales. Les scientifiques rappellent qu’il s’agit d’une zoonose, c’est-à-dire une maladie pouvant se transmettre entre l’homme et l’animal. Les primates, dont les lémuriens endémiques de Madagascar, partagent une proximité génétique avec l’humain qui favorise ces transmissions croisées. Des spécialistes appellent ainsi à renforcer l’éducation des populations, notamment dans les zones rurales et touristiques, et à limiter strictement les contacts entre humains et animaux sauvages, en particulier dans les parcs et réserves naturelles.
Face à la situation, le ministère de l’Environnement et du Développement durable s’est dit prêt à mobiliser ses équipes. Des experts plaident pour la création rapide d’une cellule de crise regroupant plusieurs départements clés, dont la santé, l’environnement, la recherche scientifique et le tourisme, dans une approche dite « One Health ».
Depuis 2024, le Mpox circule dans de nombreux pays africains. En 2025, près de 180 000 cas suspects et plus de 800 décès ont été rapportés en Afrique subsaharienne, selon les données du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies. Les cas détectés à Madagascar ne figurent pas encore dans ces statistiques, mais ils rappellent l’urgence d’une vigilance constante face à cette épidémie régionale.



