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Afrique de l’Ouest : Mamady Doumbouya s’impose dans une présidentielle vivement contestée

Quatre ans après son coup d’État, le général Mamady Doumbouya a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle guinéenne avec un score écrasant. Une victoire rejetée par l’opposition et une partie de la société civile, qui dénoncent un scrutin verrouillé et une transition détournée de ses promesses initiales.

La commission électorale guinéenne a proclamé des résultats provisoires donnant Mamady Doumbouya largement en tête du scrutin présidentiel organisé le 28 décembre. Avec près de 87 % des suffrages, le chef de la junte militaire obtient une majorité qui lui permet d’éviter un second tour et de décrocher un mandat de sept ans. La Cour suprême dispose désormais de quelques jours pour statuer sur la validation définitive du vote, alors que les contestations se multiplient.

Du côté des forces politiques opposées au pouvoir, la légitimité de cette élection est fortement remise en cause. Plusieurs candidats et organisations de la société civile parlent d’une consultation biaisée dès le départ, marquée par l’exclusion de figures majeures de l’opposition. Faya Millimono, l’un des candidats déclarés, évoque des irrégularités graves, allant de l’intimidation des électeurs au bourrage d’urnes, en passant par l’expulsion d’observateurs indépendants.

À l’annonce des résultats, l’accès à plusieurs plateformes numériques, dont Facebook, YouTube et TikTok, a été perturbé selon des observateurs spécialisés. En l’absence d’explication officielle, les opposants soupçonnent une volonté des autorités de limiter la diffusion de critiques et de mobilisations en ligne, renforçant un climat déjà tendu autour du processus électoral.

Arrivé au pouvoir en 2021 après avoir renversé le président Alpha Condé, Mamady Doumbouya s’était engagé à ne pas briguer de mandat électif. Cette promesse a été abandonnée après l’adoption d’une nouvelle Constitution en septembre, qui a ouvert la voie à sa candidature. Pour ses détracteurs, ce revirement symbolise l’échec de la transition vers un pouvoir civil.

Malgré une popularité réelle auprès d’une partie de la jeunesse, le général Doumbouya est critiqué pour le durcissement du régime : restrictions des manifestations, pressions sur les médias et affaiblissement de l’opposition. Dans un pays riche en ressources minières, notamment en bauxite et en fer avec le projet stratégique de Simandou, les défis restent immenses. Selon la Banque mondiale, plus d’un Guinéen sur deux continue de vivre sous le seuil de pauvreté, rappelant que la stabilité politique ne suffira pas sans progrès sociaux durables.

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