Modernisation portuaire : Le Port de Douala-Bonabéri entre dans l’ère du contrôle non intrusif des marchandises
Le Port de Douala-Bonabéri a franchi un tournant majeur dans la sécurisation et la fluidification de ses opérations. Depuis le 2 janvier 2026, l’inspection non intrusive des cargaisons est pleinement opérationnelle, marquant l’entrée en fonction officielle de Transatlantic D. S.A. comme concessionnaire unique du scanning portuaire. Une réforme à fort enjeu sécuritaire, logistique et fiscal pour la principale porte d’entrée commerciale du Cameroun.

Après plusieurs mois de préparation technique et réglementaire, le scanning des marchandises est devenu une réalité quotidienne au Port de Douala-Bonabéri. Les équipements déployés par Transatlantic D. S.A. sont entrés en exploitation dès les premières heures du 2 janvier 2026, conformément aux orientations définies par le Port Autonome de Douala. Cette mise en service marque une étape décisive dans la modernisation des contrôles portuaires. Elle confère à Transatlantic D. S.A. la responsabilité exclusive de l’inspection non intrusive de l’ensemble des cargaisons transitant par la plateforme, dans le cadre d’une concession accordée par l’autorité portuaire.
Pour cette phase initiale, les premières opérations ont concerné un volume significatif de trafic. Plus de deux mille conteneurs issus de navires porte-conteneurs récemment accostés ont été soumis au nouveau circuit de contrôle. Le dispositif s’est également étendu aux unités roulantes, traduisant la volonté des autorités de couvrir l’ensemble des segments du trafic portuaire dès le lancement. La présence d’observateurs et de professionnels des médias lors des premières inspections visait à démontrer la fonctionnalité et la fiabilité du système, appelé à devenir un maillon central de la chaîne logistique nationale.
Au-delà de la conformité aux normes internationales, notamment celles du Code ISPS, le scanning systématique répond à des objectifs économiques précis. Les autorités portuaires et douanières misent sur une réduction des délais de traitement, une meilleure détection des anomalies et un recul significatif des pratiques frauduleuses. L’enjeu est également budgétaire. En améliorant la traçabilité et la transparence des flux de marchandises, le dispositif doit contribuer à la sécurisation des recettes douanières, essentielles pour les finances publiques.
Consciente des ajustements nécessaires, Transatlantic D. S.A. a instauré une période transitoire durant laquelle les prestations de scanning sont temporairement gratuites. Cette mesure vise à faciliter l’appropriation du nouveau système par les opérateurs, sans toutefois remettre en cause le caractère obligatoire de l’inspection. Désormais, aucune cargaison ne peut quitter l’enceinte portuaire sans validation du processus de scanning. Le Port de Douala-Bonabéri amorce ainsi une nouvelle phase de son développement, placée sous le signe de la sûreté, de l’efficacité et de la compétitivité régionale.



