Aménagement du territoire : La Guinée équatoriale mise sur Djibloho pour rééquilibrer son développement
Face à la saturation de Malabo et à la montée des déséquilibres territoriaux, la Guinée équatoriale acte un tournant historique. Par une loi signée le 2 janvier 2026, le président Teodoro Obiang Nguema fait de Djibloho, aussi appelée Ciudad de la Paz, la nouvelle capitale politique du pays, avec l’ambition de mieux répartir croissance, population et services publics.

La Guinée équatoriale change de centre de gravité. Le chef de l’État a officialisé le transfert de la capitale de Malabo vers Djibloho, une ville planifiée située dans l’arrière-pays continental. Cette décision s’accompagne du déplacement progressif du siège du gouvernement et des principales institutions nationales. Pour les autorités, il s’agit d’un levier majeur de déconcentration administrative et de décentralisation effective des fonctions étatiques.
Anciennement connue sous le nom d’Oyala, Djibloho est l’un des projets urbains les plus emblématiques lancés grâce aux revenus pétroliers du pays. Implantée à environ 140 kilomètres de Bata, la capitale économique, la ville s’étend sur plus de 30 000 hectares et abrite près de 70 000 habitants. Elle dispose déjà d’infrastructures modernes, dont le Grand Hôtel Djibloho, présenté comme l’un des plus vastes du continent, et accueillera prochainement l’Université d’Oyala, actuellement en construction.
Depuis plusieurs décennies, Malabo et Bata concentrent l’essentiel des activités administratives, économiques et sociales. Cette centralisation a favorisé un afflux continu de populations venues des zones rurales, provoquant une croissance urbaine rapide et souvent mal maîtrisée. Résultat : pression accrue sur les services de base, congestion des transports, inégalités régionales persistantes et saturation des réseaux urbains.
En transférant la capitale à Djibloho, le gouvernement entend freiner ces dynamiques jugées inéquitables. L’objectif affiché est de promouvoir un développement plus harmonieux entre les régions, de renforcer la cohésion nationale et d’anticiper l’expansion urbaine sur des bases mieux planifiées. Pour les autorités équato-guinéennes, cette relocalisation s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de développement durable et de modernisation de l’État. À terme, Ciudad de la Paz est appelée à devenir le cœur politique du pays, symbole d’un nouveau chapitre dans l’organisation territoriale de la Guinée équatoriale.



