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Développement rural : Le Liberia prépare une banque publique pour irriguer l’agriculture en crédits

Pilier de l’économie libérienne mais parent pauvre du crédit bancaire, l’agriculture pourrait bientôt bénéficier d’un nouvel outil financier. Le Parlement planche sur la création d’une banque nationale dédiée au secteur, avec l’ambition de lever un verrou structurel qui freine la production et accentue la dépendance alimentaire du pays.

Au Liberia, l’agriculture pèse lourd dans l’économie. Elle génère près d’un tiers du produit intérieur brut et fait vivre environ quatre actifs sur dix. Pourtant, ce secteur stratégique reste marginalisé par le système bancaire classique. Selon la Banque centrale du Liberia, à peine plus de 4 % des crédits accordés par les banques commerciales en 2024 ont bénéficié aux activités agricoles, un paradoxe qui illustre l’ampleur du déséquilibre.

Pour corriger cette situation, le Sénat a adopté, le 18 décembre 2025, un projet de loi portant création de l’Agriculture Enterprise Development Bank of Liberia. Le texte, encore en attente de validation par la Chambre des représentants et de promulgation présidentielle, prévoit la mise en place d’une institution financière publique exclusivement tournée vers le financement agricole et agro-industriel.

À l’origine de cette initiative, les autorités pointent les freins récurrents qui dissuadent les banques commerciales de financer les agriculteurs : exposition aux aléas climatiques, faibles garanties, éloignement des services financiers dans les zones rurales. Pour le sénateur Joseph Jallah, promoteur du projet, la future banque vise à répondre à ces contraintes par des mécanismes adaptés aux réalités du terrain.

Au-delà des prêts, la nouvelle institution entend proposer une gamme de services complémentaires. Assistance technique, appui à la vulgarisation agricole, solutions d’assurance et accompagnement vers les marchés figurent parmi les outils envisagés pour renforcer durablement la productivité des exploitations et la viabilité des entreprises rurales.

L’enjeu est aussi macroéconomique. En 2024, le Liberia a dépensé près de 396 millions de dollars en importations alimentaires, notamment pour le riz, le blé et les huiles comestibles. En stimulant la production locale, les autorités espèrent alléger cette facture et améliorer la sécurité alimentaire. Si le projet aboutit, la future banque agricole pourrait devenir un levier central de transformation du monde rural libérien. Reste à voir si sa mise en œuvre tiendra ses promesses et parviendra à changer durablement l’accès au financement pour les agriculteurs.

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