Politique monétaire : Accalmie recherchée sur le cedi, la Banque du Ghana mobilise jusqu’à 1 milliard de dollars
Pour contenir les fluctuations du taux de change et répondre à la demande croissante de devises en début d’année, la Banque du Ghana prévoit d’injecter jusqu’à 1 milliard de dollars sur le marché des changes en janvier 2026. Une intervention calibrée, dans la continuité d’un dispositif déjà largement utilisé en 2025.

La Banque du Ghana a annoncé son intention de vendre jusqu’à 1 milliard de dollars sur le marché des changes au cours du mois de janvier 2026. Ces opérations s’adresseront aux banques commerciales ainsi qu’aux entreprises ayant des besoins en devises, notamment pour financer les importations. Cette initiative s’inscrit dans le programme d’intermédiation de change mis en place par l’institution. Dans ce cadre, la banque centrale intervient comme canal organisé d’injection de devises, afin de fluidifier le marché sans en perturber les mécanismes. Les ventes seront réalisées par adjudications, conformément à un nouveau cadre opérationnel récemment validé par le conseil d’administration. Les montants effectivement injectés pourront varier en fonction de la demande, de la situation du marché et du niveau des réserves disponibles.
L’objectif principal affiché par la Banque du Ghana est de réduire les mouvements excessifs du taux de change. En période de rareté des devises, la pression sur le cedi peut s’intensifier et provoquer des ajustements rapides. En apportant une partie de l’offre manquante, la banque centrale cherche à amortir ces chocs à court terme. L’institution souligne toutefois qu’il ne s’agit pas de défendre un niveau précis du cedi ni d’orienter durablement le marché. L’intervention vise davantage à préserver un fonctionnement ordonné du marché des changes.
Au-delà de la stabilisation du taux de change, ce programme participe à la gestion active des réserves de change du pays. Une partie des dollars injectés provient du programme national d’achat d’or. La banque centrale acquiert de l’or produit localement, qu’elle convertit ensuite en devises étrangères. Cette stratégie permet d’alimenter progressivement le marché en dollars, tout en renforçant les réserves et en structurant les flux de devises de manière contrôlée.
En décembre 2025, la Banque du Ghana avait prévu de vendre jusqu’à 800 millions de dollars. Les adjudications ont finalement porté sur 721 millions. Depuis la révision du programme en septembre, les montants injectés ont été significatifs, avec plus de 5 milliards de dollars cumulés sur les quatre derniers mois de l’année. Selon les acteurs du marché, ces interventions ont contribué à une nette amélioration de la stabilité du cedi. En 2025, la monnaie ghanéenne s’est appréciée de plus de 40 % face au dollar, enregistrant sa première performance annuelle positive depuis plusieurs décennies et se hissant parmi les devises les plus performantes au niveau mondial.
Le premier trimestre reste une période sensible pour le marché des changes. La reprise des importations et les paiements de dividendes à des investisseurs étrangers tendent à accroître la demande en devises. La capacité de la Banque du Ghana à ajuster ses interventions sera donc scrutée de près, alors que les autorités cherchent à consolider les acquis de 2025 sans épuiser les réserves.



