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Climat des affaires : Rwanda, Maroc, Maurice, les locomotives africaines selon la Banque mondiale en 2025

La Banque mondiale a publié fin décembre 2025 la deuxième édition de son indice Business Ready (B-Ready), nouveau baromètre du climat des affaires mondial. En Afrique, le Rwanda conserve son leadership, tandis que de nouveaux pays comme le Bénin et le Sénégal font une entrée remarquée dans le Top 10. Mais le rapport met aussi en lumière un paradoxe inquiétant : les économies les plus confrontées au défi de l’emploi des jeunes restent les moins attractives pour les entreprises.

Après l’abandon du classement Doing Business en 2021, la Banque mondiale a progressivement installé Business Ready comme son nouvel outil de référence pour évaluer l’environnement des affaires. L’édition 2025 repose sur une vaste enquête menée auprès de près de 58 000 entreprises et 5 000 experts dans 101 économies à travers le monde. Contrairement à son prédécesseur, B-Ready adopte une approche plus large. Il ne se limite pas aux contraintes administratives pesant sur les entreprises, mais intègre aussi le bien-être des travailleurs, la protection des consommateurs et les enjeux environnementaux. Les données croisent ainsi les règles formelles et leur application réelle sur le terrain.

L’indice s’articule autour de dix domaines clés couvrant tout le cycle de vie d’une entreprise : création, implantation, accès aux services publics, emploi, financement, commerce extérieur, fiscalité, règlement des différends, concurrence et insolvabilité. Ces domaines sont évalués selon trois piliers : le cadre réglementaire, la qualité des services publics et l’efficacité opérationnelle. Chaque pays obtient une note comprise entre 0 et 100, agrégée pour former le score global.

En Afrique, 29 pays ont été évalués en 2025, soit presque le double de l’année précédente. Le Rwanda conserve la première place continentale avec un score de 67,94 points, porté par un environnement réglementaire solide et des procédures jugées efficaces, malgré des services publics encore perfectibles. Le Maroc se classe deuxième avec 63,44 points, suivi de près par la République de Maurice, qui glisse à la troisième position. Le Togo s’impose comme un acteur majeur en occupant le quatrième rang.

Deux pays font une entrée remarquée dans le Top 10 africain : le Bénin, cinquième, et le Sénégal, neuvième. Ces performances traduisent les efforts récents engagés pour simplifier les démarches administratives, moderniser les services publics et renforcer la sécurité juridique des investisseurs. La Côte d’Ivoire, déjà présente lors de la première édition, conserve sa place dans le Top 10.

Au-delà du classement, le rapport lance un signal d’alerte. Les pays où le besoin de création d’emplois est le plus urgent, notamment ceux dotés d’une population très jeune et d’une croissance modérée, affichent généralement les environnements d’affaires les plus fragiles. L’Afrique subsaharienne concentre une grande partie de ces économies, ce qui accentue les risques sociaux et économiques à moyen terme. Pour la Banque mondiale, améliorer le climat des affaires n’est donc pas seulement une question d’attractivité économique, mais un levier central pour répondre à la pression démographique et favoriser une croissance inclusive.

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