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Cohésion nationale : François Bambou appelle à briser le cycle de l’impunité face aux discours tribalistes

Alors que le Chef de l’État a, pour la première fois, qualifié les discours de haine de menace directe contre la République, le président de l’association One Nation analyse ce tournant politique. Il alerte sur les dangers du laxisme judiciaire et plaide pour une réponse ferme afin de préserver le vivre-ensemble camerounais.

Le message de vœux du 31 décembre 2025 marque, selon François Bambou, une rupture nette dans la manière d’aborder la question du tribalisme au Cameroun. En désignant explicitement les discours de haine comme un péril pour la République, le Chef de l’État sort le débat de la zone grise où il était souvent cantonné. Il ne s’agit plus de simples excès de langage ou de polémiques passagères, mais d’un phénomène structuré, capable d’ébranler les fondations mêmes de l’unité nationale. Sur le terrain, l’association One Nation observe une progression préoccupante de propos stigmatisants, diffusés aussi bien dans certains espaces médiatiques que sur les réseaux sociaux et dans l’arène politique. Cette banalisation de la haine alimente un climat de suspicion et de crispation identitaire, avec des répercussions visibles sur la cohésion sociale et la stabilité locale.

Pour François Bambou, le lien établi par le Président de la République entre désordre social et sentiment d’impunité est central. L’absence de sanctions effectives a progressivement installé l’idée que les appels à la haine pouvaient être formulés sans risque. Cette perception fragilise l’autorité de l’État et encourage la surenchère verbale, parfois jusqu’à des incitations à la violence. Ce vide répressif pousse les citoyens à se replier sur des appartenances communautaires, nourrissant un engrenage de méfiance et de radicalisation. « Sans réponse judiciaire claire, la loi perd son pouvoir dissuasif », souligne le président de One Nation, pour qui la lutte contre le tribalisme ne peut se limiter à des appels moraux à la tolérance.

Contrairement aux discours alarmistes, François Bambou rappelle que la diversité camerounaise n’est pas en soi un facteur de division. Dans la vie quotidienne, la coexistence entre communautés demeure largement pacifique, portée par les interactions sociales, économiques et familiales. La fracture apparaît lorsque cette diversité est exploitée à des fins politiques ou idéologiques. Certains acteurs, explique-t-il, transforment les identités culturelles en outils de mobilisation ou de domination, créant artificiellement des lignes de rupture. Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène en offrant une caisse de résonance à des discours radicaux souvent diffusés sous couvert d’anonymat.

Face à cette situation, One Nation appelle à une application rigoureuse des lois existantes. Le cadre juridique, notamment pénal et numérique, est jugé suffisant. Le véritable enjeu réside dans son application effective. François Bambou insiste sur le rôle clé des parquets, qui devraient, selon lui, se saisir systématiquement des faits de discours haineux, indépendamment du statut des auteurs. Il plaide également pour une mobilisation accrue des forces de sécurité et des structures spécialisées dans la surveillance numérique, afin d’identifier et de poursuivre les infractions en ligne. La création d’un observatoire national dédié à la lutte contre le tribalisme est évoquée comme un outil structurant pour coordonner et évaluer les actions publiques.

La fin annoncée de la complaisance doit, selon François Bambou, provoquer un changement profond des comportements. En 2026, le discours tribaliste ne devrait plus être perçu comme une opinion tolérable, mais comme une atteinte à l’ordre public passible de sanctions. Pour le président de One Nation, la sanction n’est pas une fin en soi, mais un levier pédagogique. Lorsque la haine cesse d’être rentable politiquement ou médiatiquement, elle recule. C’est à cette condition que l’espace public camerounais pourra redevenir un lieu de débat républicain, fondé sur la confrontation des idées plutôt que sur l’exclusion identitaire.

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