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Santé, eau, énergie : Yaoundé prolonge les avantages fiscaux pour soutenir les secteurs vitaux

Face aux déficits persistants en équipements médicaux, en accès à l’eau potable et en énergie, l’État camerounais a décidé de maintenir jusqu’en 2028 plusieurs exonérations douanières stratégiques. Une mesure inscrite dans la loi de finances 2026, pensée comme un levier d’amélioration des conditions de vie et d’attractivité pour le secteur privé.

Le Cameroun choisit la continuité dans sa politique d’incitation fiscale. La loi de finances 2026 proroge, pour deux années supplémentaires, les exonérations de droits et taxes de douane sur une large gamme d’équipements médicaux importés. Cette mesure, initialement introduite en 2024, vise à faciliter l’approvisionnement des formations sanitaires publiques et privées en matériels jugés essentiels.

Au total, près de 500 catégories d’équipements sont concernées. Il s’agit notamment d’appareils de diagnostic et d’imagerie, de dispositifs de réanimation, de matériels de laboratoire, de prothèses, d’ambulances médicalisées ou encore d’équipements techniques lourds. L’objectif est clair : renforcer les plateaux techniques et accompagner la montée en puissance du système de santé, dans un contexte marqué par la généralisation progressive de la Couverture santé universelle.

La loi de finances 2026 prolonge également, pour une durée d’un an, les exonérations douanières sur les équipements destinés à la production d’eau potable et aux énergies renouvelables. Arrivées à échéance fin 2025, ces mesures concernent plusieurs dizaines de produits, allant des outils de forage et systèmes de filtration aux équipements solaires, éoliens et de biomasse.

Cette décision intervient alors que l’accès à l’eau potable demeure un défi majeur. Malgré les investissements engagés, une part importante de la population reste dépendante de sources non sécurisées. En facilitant l’importation de pompes, de systèmes de traitement et de distribution, l’État espère accélérer la multiplication des points d’eau, notamment en zones rurales et périurbaines.

Sur le front énergétique, la pression est tout aussi forte. La capacité de production actuelle reste insuffisante face à la demande croissante, portée par l’urbanisation, l’industrialisation et la croissance démographique. En allégeant les coûts d’importation des équipements solaires et assimilés, le gouvernement mise sur un sursaut des initiatives privées pour renforcer rapidement l’offre énergétique.

L’option des énergies vertes apparaît comme la voie la plus rapide pour réduire le déficit structurel, tout en respectant les engagements climatiques du pays. Ces incitations fiscales sont donc pensées comme un catalyseur d’investissements, dans l’optique d’atteindre les objectifs fixés par la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030.

Si ces exonérations constituent un signal fort en direction des opérateurs économiques, leur efficacité dépendra de plusieurs facteurs : capacité d’absorption du secteur privé, qualité de la régulation, et cohérence avec les politiques publiques sectorielles. Pour l’État, le défi reste d’articuler ces avantages fiscaux avec des investissements structurants, afin de transformer les allègements douaniers en progrès concrets pour les populations.

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