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Recrutements sous contrôle : L’État camerounais serre la vis sur la masse salariale en 2026

Pour rester dans les clous des engagements communautaires de la CEMAC, le Cameroun s’impose une discipline budgétaire renforcée en 2026. Les nouveaux recrutements dans la fonction publique seront strictement plafonnés afin de contenir la masse salariale et d’améliorer la soutenabilité des finances publiques dans un contexte de recettes sous pression.

L’année 2026 s’annonce comme un tournant dans la gestion des dépenses de personnel de l’État. À travers une circulaire datée du 31 décembre 2025, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a fixé un cadre rigoureux pour l’exécution du budget. Objectif affiché : respecter le seuil communautaire qui limite la masse salariale à 35 % des recettes fiscales. Concrètement, les crédits destinés aux recrutements programmés pour 2026 ne devront pas dépasser 14,9 milliards FCFA. Un plafond pensé comme un garde-fou pour éviter toute dérive des charges salariales et replacer le pays sur une trajectoire de conformité après plusieurs exercices marqués par des dépassements répétés.

La loi de finances 2026 projette des recettes fiscales de 4 827,3 milliards FCFA, pour des dépenses de personnel estimées à 1 625 milliards FCFA. Si ces prévisions se confirment, le ratio de soutenabilité atteindrait 33,7 %, un niveau inférieur au seuil de référence de la CEMAC. Ce résultat marquerait une rupture avec les cinq dernières années. Entre 2021 et 2024, le Cameroun a systématiquement dépassé la norme, avec des ratios oscillants entre 36 % et plus de 41 %. Pour 2025, les estimations provisoires issues de la loi de finances rectificative situent encore ce ratio autour de 36,8 %, signe d’une pression persistante sur les comptes publics.

Cette rigueur budgétaire s’explique par un environnement de plus en plus contraint. La baisse structurelle des recettes pétrolières, accentuée par la volatilité des cours internationaux, limite les marges de manœuvre de l’État. Dans ce contexte, le ministère des Finances insiste sur la nécessité d’aligner les politiques de recrutement sur les capacités réelles de financement.

Les établissements publics et organismes bénéficiant de subventions sont ainsi appelés à intégrer ces contraintes dans leurs plans de ressources humaines. La règle est claire : les dépenses de personnel ne devront pas dépasser 35 % des dépenses de fonctionnement.

La discipline ne s’arrête pas à l’administration centrale. Les collectivités territoriales décentralisées sont invitées à appliquer strictement les ratios prévus par la réglementation. Les communes et communautés urbaines devront contenir leurs charges salariales à 35 % de leurs dépenses de fonctionnement, tandis que les régions devront se limiter à 30 %.

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