A la UneConjonctureInfrastructures

Infrastructures au Cameroun : 15 ans, 7 500 milliards FCFA et un bilan contrasté

Entre 2010 et 2025, l’État camerounais a engagé des moyens financiers massifs pour moderniser ses infrastructures économiques. Routes, ports, énergie, eau et télécommunications ont absorbé plus de 7 500 milliards de FCFA. Si plusieurs réalisations structurantes ont vu le jour, les autorités reconnaissent elles-mêmes des retards persistants et un impact économique jugé inégal.

Sur la période 2010-2025, les engagements cumulés de l’État en faveur des grands projets d’investissement atteignent 7 579 milliards de FCFA, selon les documents annexés à la loi de finances 2026. Ces financements ont majoritairement reposé sur des emprunts non concessionnels, qui représentent près de 5 400 milliards de FCFA, contre un peu plus de 2 100 milliards de FCFA de prêts concessionnels. Cette structure de financement traduit une volonté d’accélération des projets, mais elle a aussi accru la pression sur les finances publiques, en réduisant les marges budgétaires disponibles au fil des années.

Les infrastructures de transport concentrent la part la plus importante des investissements, avec environ 3 580 milliards de FCFA. Le port en eau profonde de Kribi est régulièrement présenté par les pouvoirs publics comme un jalon stratégique pour la compétitivité maritime du pays. Sur le réseau routier, plusieurs axes structurants ont été lancés, dont l’autoroute Yaoundé-Douala, dont la première phase de 60 km a été livrée après près d’une décennie de travaux. Les corridors Kribi-Lolabé et Yaoundé-Nsimalen illustrent également cette dynamique, malgré des délais d’exécution bien au-delà des calendriers initiaux. Au total, plus de 3 000 km de routes auraient été construits ou réhabilités pour désenclaver les bassins de production.

Deuxième poste de dépenses, le secteur de l’énergie a mobilisé plus de 2 000 milliards de FCFA. Le barrage de Lom Pangar joue un rôle central dans la régulation du fleuve Sanaga, en renforçant la production des centrales existantes et en sécurisant les projets hydroélectriques en aval. Sur quinze ans, environ 1 170 MW de capacités supplémentaires ont été installés. En 2024, le taux d’accès à l’électricité est estimé à 72 %, avec un écart marqué entre les zones urbaines et rurales.

Les télécommunications figurent parmi les secteurs les plus transformés, avec près de 18 000 km de fibre optique déployés et le raccordement à un câble sous-marin international, renforçant la connectivité du pays. L’eau, l’urbanisme et l’habitat ont également bénéficié d’investissements significatifs, bien que plus modestes.

Ce vaste effort d’investissement laisse toutefois apparaître des fragilités. Les autorités pointent une préparation initiale insuffisante de certains projets, une gestion complexe du volume des engagements et des lenteurs administratives liées aux partenaires financiers. Autant de facteurs qui expliquent, selon le gouvernement, les retards observés et un rendement économique encore en deçà des attentes.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page