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Marchés agricoles : En 2025, la facture alimentaire mondiale repart à la hausse

Après deux années de détente, les prix mondiaux des denrées alimentaires renouent avec une dynamique ascendante. Tirée par les huiles végétales, les produits laitiers et la viande, cette évolution ravive les inquiétudes des pays importateurs, en particulier en Afrique subsaharienne.

L’année 2025 marque un tournant sur les marchés agricoles internationaux. Selon les données publiées début janvier par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’indice mondial des prix alimentaires s’est établi en moyenne à 127,2 points, contre 122 points en 2024. Ce niveau, parmi les plus élevés observés depuis 2008, met un terme à la phase de décrue amorcée après les flambées provoquées par la guerre en Ukraine en 2022.

Parmi les produits suivis par la FAO, les huiles végétales affichent la progression la plus marquée. Leur indice a bondi de plus de 17 % sur un an, sous l’effet de tensions persistantes sur l’offre mondiale, notamment pour l’huile de palme en Asie du Sud-Est. Les incertitudes climatiques et les arbitrages politiques en faveur des biocarburants continuent de peser sur les disponibilités d’oléagineux.

Les produits laitiers ne sont pas en reste. Leur indice a atteint l’un de ses plus hauts niveaux historiques, porté par une demande soutenue à l’importation et des volumes exportables limités en début d’année. Les prix de la viande ont également établi un record, dans un contexte de consommation mondiale dynamique, aggravé par les risques sanitaires liés aux maladies animales et par les tensions géopolitiques qui perturbent les chaînes d’approvisionnement.

À l’inverse, les marchés des céréales et du sucre évoluent à des niveaux bas, grâce à une offre mondiale abondante. Toutefois, cette détente n’a pas suffi à compenser la hausse des autres grandes catégories de produits alimentaires.

Pour les économies dépendantes des importations, la remontée des prix alimentaires accroît la pression sur les balances commerciales. En Afrique subsaharienne, où les huiles végétales constituent la deuxième source d’importations alimentaires après les céréales, l’impact pourrait être significatif. Si les stocks mondiaux de céréales devraient contribuer à contenir les prix dans ce segment, les observateurs anticipent la poursuite des tensions sur les huiles végétales au cours de l’année.

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