Agro-industrie : Cadyst mise sur Stéphane Jaffret pour bâtir un champion régional de la meunerie
Cinq mois après la reprise des Grands Moulins du Cameroun et du Congo, le groupe Cadyst confie les rênes de la SGMC à Stéphane Jaffret. Fort d’un parcours dans le bois et le sucre en Afrique, le dirigeant français est chargé d’orchestrer une stratégie d’intégration industrielle et d’expansion régionale, avec en ligne de mire près de 40 % du marché camerounais.

Entré en fonction le 9 janvier 2026, Stéphane Jaffret arrive chez Cadyst avec un pedigree forgé dans des filières lourdes et intégrées. Dernier poste en date, la direction générale de Rougier Gabon, où il a piloté une chaîne complète allant de l’exploitation forestière à la commercialisation de produits transformés. Une expérience jugée précieuse pour la meunerie, secteur où la maîtrise des flux, des rendements et des coûts conditionne la compétitivité.
Avant cela, le dirigeant a mené plusieurs chantiers de transformation industrielle en Europe et en Afrique. En France, chez Penn Industries, il a conduit une réorganisation profonde de l’outil productif et renforcé les fonctions d’ingénierie et de vente. En Centrafrique, à la tête de SUCAF, filiale de SOMDIAA, il a géré un ensemble agro-industriel combinant plantations, raffinerie et distribution.
Avec la reprise de la SGMC au Cameroun et de la SGMP au Congo, Cadyst, groupe contrôlé par l’homme d’affaires Célestin Tawamba, change d’échelle. L’ambition est claire : consolider une position dominante sur le marché camerounais de la farine et bâtir, au Congo, un second pôle de développement. La feuille de route repose sur une intégration élargie des activités.
Meunerie, provenderie, alimentation animale, aviculture et produits finis doivent fonctionner comme un ensemble cohérent, capable de capter des synergies amont-aval et d’amortir les cycles de volatilité. « Fédérer, transformer et créer de la valeur sur le long terme » résume l’actionnaire.
Aux commandes du Grand Moulin du Cameroun, Stéphane Jaffret est attendu sur des résultats concrets. Amélioration des rendements, disponibilité des lignes, fiabilité de la maintenance et sécurisation des approvisionnements figurent en tête de liste. À cela s’ajoutent le renforcement de la logistique et l’alignement de l’outil industriel avec des objectifs de volumes et de qualité plus exigeants. La réussite de cette nouvelle phase passera aussi par une gouvernance de projet rigoureuse, un dialogue social structuré et une trajectoire d’investissements maîtrisée. Pour Cadyst, l’enjeu dépasse la farine : il s’agit de poser les fondations d’un champion agro-industriel en Afrique centrale.



