Capital-investissement : La tech africaine renoue avec les grandes levées et attire de nouveau les investisseurs
Après deux années de contraction, le financement des start-up africaines connaît un net redressement en 2025. Portée par des projets plus solides et des secteurs jugés stratégiques, la tech du continent a réussi à capter 3,2 milliards de dollars, marquant le retour progressif de la confiance des investisseurs internationaux.

L’écosystème des start-up africaines a signé un retour remarqué sur la scène du capital-risque en 2025. Selon les données consolidées par la plateforme Africa : The Big Deal, les jeunes pousses du continent ont mobilisé 3,2 milliards de dollars de financements, contre 2,2 milliards de dollars en 2024. Cette progression d’environ 1 milliard de dollars correspond à une hausse annuelle proche de 45 %, effaçant en partie les reculs observés en 2023 et 2024. Cette reprise n’est pas le fruit du hasard. Les analystes évoquent une amélioration de la qualité des projets financés, une plus grande maturité des entreprises candidates et surtout l’émergence de transactions de taille significative, capables de rassurer des investisseurs devenus plus sélectifs.
La dynamique observée en 2025 repose en grande partie sur des domaines considérés comme prioritaires. L’énergie, la fintech et les services numériques essentiels concentrent l’essentiel des flux. Dès les cinq premiers mois de l’année, les start-up africaines avaient déjà franchi la barre du milliard de dollars levés, soit 40 % de plus que sur la même période un an plus tôt. Sur douze mois glissants, les montants cumulés atteignent 2,5 milliards de dollars, confirmant une tendance de fond plutôt qu’un simple sursaut conjoncturel.
Sur le plan géographique, la carte du capital-risque africain continue de se redessiner. Le Kenya s’impose comme le principal pôle en 2025 avec près d’un milliard de dollars levés, soit environ un tiers des financements du continent. Cette performance, en hausse de plus de 50 %, est largement tirée par des acteurs majeurs de l’énergie solaire et hors réseau. L’Égypte et l’Afrique du Sud complètent le trio de tête, chacune autour de 600 millions de dollars, avec des progressions comparables. À l’inverse, le Nigeria, longtemps leader, glisse à la quatrième place avec 343 millions de dollars, enregistrant son plus bas niveau relatif depuis 2019. Le Sénégal ferme le top cinq, porté par une opération exceptionnelle dans les services financiers numériques.
À l’échelle des régions, l’Afrique de l’Est concentre désormais la plus grande part des financements, devant l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord. L’Afrique centrale reste marginale, avec une part quasi symbolique. Cette nouvelle répartition confirme une recomposition progressive des centres de gravité du capital-risque africain, où la maturité des projets pèse désormais autant que la taille des marchés.



