Intégration financière : Dans l’UMOA, les banques togolaises montent en puissance sur les financements transfrontaliers
À fin septembre 2025, le Togo s’impose comme l’un des piliers du financement bancaire transfrontalier au sein de l’Union monétaire ouest-africaine. Portée par le dynamisme des échanges régionaux, cette progression soulève toutefois la question de la forte concentration du crédit au profit des grandes entreprises.

Les établissements de crédit togolais renforcent leur présence sur la scène financière ouest-africaine. Selon les dernières données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), ils ont assuré 16,2 % des financements transfrontaliers accordés aux 400 plus grandes entreprises de l’UMOA à fin septembre 2025. Une performance qui place le pays parmi les principaux contributeurs, derrière le Burkina Faso, le Bénin et le Niger.
Cette position s’explique notamment par le rôle logistique et commercial du Togo. À l’instar du Bénin, le pays sert de point d’entrée côtier pour l’approvisionnement de plusieurs économies enclavées de la sous-région, en particulier le Burkina Faso et le Niger, mais aussi le Mali et, dans une autre configuration, le marché nigérian voisin.
Au-delà du cas togolais, les financements bancaires transfrontaliers connaissent une croissance soutenue dans l’ensemble de l’Union. L’encours total de ces concours a atteint 405,6 milliards de FCFA à fin septembre 2025, soit 4,1 % du volume global des gros risques bancaires. Trois mois plus tôt, ce montant s’élevait à 400,9 milliards de FCFA, contre 295,1 milliards un an auparavant.
Cette évolution traduit l’engagement accru de plusieurs systèmes bancaires nationaux dans le soutien aux activités économiques à dimension régionale, notamment le commerce international et les chaînes d’approvisionnement transfrontalières.
Si cette dynamique profite aux grands groupes et stimule les échanges au sein de l’UMOA, elle met également en lumière un déséquilibre persistant. Au Togo, les 50 plus grandes entreprises absorbent à elles seules 38,1 % des crédits bancaires accordés à l’économie, un niveau supérieur à celui observé dans certains pays de l’Union.
Dans ce contexte, le défi reste entier pour les autorités et les banques : maintenir l’appui aux acteurs majeurs tout en améliorant l’accès au financement pour les PME, dont l’activité demeure largement cantonnée aux marchés domestiques et qui peinent encore à bénéficier pleinement de l’intégration financière régionale.



