Finances publiques : Le Cameroun obtient un appui de 112 milliards FCFA pour accélérer ses réformes budgétaires
Le gouvernement camerounais et la Banque mondiale ont officiellement enclenché un nouveau programme de transformation des finances publiques. D’un montant de 112 milliards de FCFA, ce dispositif entend améliorer la mobilisation des recettes, renforcer la transparence budgétaire et moderniser la gestion de l’État sur une période de quatre ans.

Le Cameroun vient de franchir une nouvelle étape dans la refonte de son système de finances publiques. La Banque mondiale a confirmé l’entrée en vigueur d’un accord de financement de 112 milliards de FCFA, après validation de l’ensemble des conditions préalables. Ce soutien prend la forme d’un programme axé sur les résultats, connu sous l’acronyme IMPACT, un mécanisme qui lie directement les décaissements à l’atteinte d’objectifs mesurables. Il s’agit du deuxième programme de ce type mis en œuvre dans le pays, après une première expérience lancée en 2023 dans le secteur de l’énergie. Cette approche marque une évolution dans la coopération financière, privilégiant l’efficacité de la dépense publique plutôt que le simple financement de projets.
Signé le 15 juin 2025, l’accord s’inscrit dans le plan stratégique de réformes des finances publiques adopté par les autorités camerounaises. Ce cadre de référence vise à améliorer la performance du budget de l’État, à renforcer la transparence et à consolider la redevabilité des administrations publiques. Sur un besoin global estimé à 168,7 milliards de FCFA pour la mise en œuvre de ces réformes, près des deux tiers seront apportés par la Banque mondiale à des conditions concessionnelles, étalées sur quatre ans.
Au cœur du programme figure la mobilisation accrue des ressources internes. Les réformes ciblent notamment la fiscalité numérique, l’élargissement de l’assiette de la TVA et de l’impôt sur les sociétés, ainsi qu’une meilleure centralisation des fonds publics à travers le Compte unique du Trésor. Le dispositif prévoit également un renforcement des exigences de transparence, avec la publication régulière des états financiers audités des entreprises publiques. Dans le secteur de la santé, des mécanismes de reddition des comptes doivent être améliorés afin d’assurer une utilisation plus efficace des ressources.
Autre innovation majeure : l’intégration progressive des dimensions climatiques et de genre dans la planification budgétaire des ministères. Une orientation devenue centrale dans les programmes appuyés par la Banque mondiale, et qui traduit l’évolution des standards internationaux en matière de gestion des finances publiques. Pour l’institution de Bretton Woods, le recours au mécanisme PforR répond à un impératif clair : faire de la réforme budgétaire un levier tangible de performance économique et de confiance dans l’action publique.



