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Panne du câble WACS : L’Internet ralenti en RDC, la question de la résilience relancée

Les perturbations observées sur les réseaux Internet en République démocratique du Congo ont pour origine une défaillance du câble sous-marin WACS, selon le régulateur. Cet incident remet au premier plan les fragilités structurelles de la connectivité nationale et les défis liés à la sécurisation des infrastructures numériques.

Depuis plusieurs jours, les usagers congolais font face à des ralentissements et interruptions des services Internet. Dans un communiqué publié le 14 janvier, l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) a attribué ces dysfonctionnements à une panne technique sur le câble sous-marin West Africa Cable System (WACS). Cette infrastructure stratégique assure une partie importante de la connectivité entre l’Europe et l’Afrique. Selon le régulateur, l’incident affecte directement la capacité internationale de transmission de données, avec des répercussions sur l’ensemble du territoire. Des opérations de maintenance ont été engagées par les opérateurs concernés afin de rétablir les services dans les meilleurs délais.

L’ARPTC indique travailler en coordination avec les entreprises de télécommunications pour mettre en place des dispositifs de prise en charge des abonnés, conformément aux règles applicables en cas de force majeure. Sans détailler ces mesures, le régulateur évoque des mécanismes destinés à limiter l’impact commercial et opérationnel pour les consommateurs. Cette communication intervient dans un contexte de pression accrue sur les autorités et les opérateurs, sommés de réduire la fréquence des perturbations qui affectent régulièrement la qualité des services numériques en RDC.

L’incident met en lumière la dépendance du pays à un nombre limité de routes internationales. Certes, la RDC dispose d’autres options, notamment le câble sous-marin 2Africa, dont le point d’atterrissement à Muanda a été annoncé en 2023, avec une exploitation commerciale attendue fin 2025. Le pays s’appuie également sur des liaisons terrestres régionales, dont certaines passent par l’Ouganda. Dans ce contexte, l’hypothèse d’un effet indirect lié à la récente coupure d’Internet en Ouganda, décidée à la veille des élections, n’est pas exclue par les observateurs du secteur.

Sur le plan financier, les autorités ont récemment mis en avant un partenariat de 150 millions de dollars avec United Investment LMT, basé à Maurice, pour renforcer les infrastructures numériques. Toutefois, les informations disponibles ne confirment pas clairement l’installation imminente d’un nouveau câble sous-marin international. Les experts rappellent que les grandes coupures de mars 2024, qui avaient touché plusieurs pays africains, avaient déjà ravivé le débat sur la diversification des routes de câbles et l’intérêt des solutions satellitaires. La GSMA plaide notamment pour un recours accru aux satellites comme complément aux réseaux terrestres. La RDC, de son côté, porte un projet de satellite de télécommunications, présenté comme un outil de souveraineté et de résilience.

Enfin, cet épisode survient après des instructions du président Félix Tshisekedi, appelant à des mesures fermes pour mettre fin aux perturbations récurrentes des réseaux de télécommunications. Des sanctions contre les opérateurs jugés défaillants restent envisagées, signe que la connectivité est désormais perçue comme un enjeu stratégique de premier plan pour le pays.

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