Filière agricole : Le Cameroun lance la campagne caféière 2025-2026 sous le signe de la prospérité
À Baditoum, dans le Haut-Nyong, Région de l’Est du pays, le gouvernement a officiellement lancé la campagne caféière 2025-2026. Portée par une envolée historique des prix, une vision politique assumée et des investissements structurants, la filière café retrouve des couleurs et se projette comme un pilier stratégique de l’économie agricole nationale.

La localité de Baditoum, au cœur du bassin caféier de la région de l’Est, a servi de cadre, le 16 janvier 2026, au lancement officiel de la campagne caféière 2025-2026. La cérémonie, présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en présence de son homologue de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe, a rassemblé autorités administratives, élites politiques et producteurs venus nombreux. Dans une atmosphère festive, le membre du gouvernement en charge du Commerce a dressé un tableau résolument optimiste de l’évolution récente de la filière, marquée par une progression spectaculaire des revenus des producteurs.
Revenant sur le chemin parcouru, le ministre du Commerce a rappelé qu’il y a à peine dix ans, le kilogramme de café se négociait à des niveaux dérisoires, mettant en péril la viabilité même de l’activité. Aujourd’hui, la réalité est tout autre. La campagne 2024-2025 s’est achevée sur des prix records, avec une moyenne avoisinante 2854 FCFA/kg pour l’Arabica et 1959 FCFA/kg pour le Robusta, traduisant une progression à deux chiffres par rapport à l’exercice précédent. Cette évolution, qualifiée d’historique, illustre selon les autorités une véritable renaissance de la caféiculture camerounaise, désormais plus attractive, plus rentable et mieux intégrée aux marchés internationaux.
Pour le ministre Mbarga Atangana, cette embellie résulte avant tout d’un choix politique clair. Il a attribué cette dynamique à l’action diplomatique et économique du président de la République, Paul Biya, dont le plaidoyer international en faveur d’une meilleure rémunération des producteurs agricoles aurait contribué à un rééquilibrage de la chaîne de valeur mondiale du café. Cette nouvelle donne permettrait, selon le gouvernement, une redistribution plus équitable des revenus entre producteurs, transformateurs et exportateurs, tout en renforçant la transparence du marché.
Se projetant dans l’avenir, le ministre du Commerce a appelé les jeunes Camerounais à investir la filière, évoquant les conclusions d’analyses économiques internationales qui placent l’Afrique, et le Cameroun en particulier, parmi les territoires d’avenir pour la production de café, dans un contexte de changement climatique mondial. Des perspectives qui confortent l’ambition des pouvoirs publics de faire du café un levier de croissance durable et de création d’emplois en milieu rural.
Point culminant de la cérémonie, l’inauguration du Centre d’Excellence Café Robusta de Baditoum symbolise cette nouvelle orientation. Dotée de technologies innovantes, l’infrastructure permet de produire un café de haute qualité, déjà très prisé sur les marchés internationaux, avec des prix pouvant atteindre 4000 FCFA/kg. Le gouvernement entend reproduire ce modèle dans d’autres bassins de production, à l’image de la stratégie déjà engagée dans la filière cacao.



