A la UneMines & énergies

Hydrocarbures : Les investissements pétro-gaziers marquent le pas au Cameroun en 2023

Après plusieurs années de progression, les dépenses d’investissement dans le secteur pétrolier et gazier camerounais ont nettement reculé en 2023. Le dernier rapport de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) met en lumière un ralentissement lié à la maturité des champs, à des arbitrages stratégiques et à la montée des coûts d’exploitation.

L’année 2023 apparaît comme un tournant pour l’industrie pétrolière et gazière au Cameroun. D’après les données publiées par la SNH, les investissements réalisés par les opérateurs du secteur se sont établis à 169,5 milliards de FCFA, contre 240 milliards de FCFA un an plus tôt. Cette contraction, proche de 30 %, rompt avec la dynamique haussière observée ces dernières années et traduit une prudence accrue des acteurs face à un environnement de production plus contraignant. Ce repli des dépenses reflète des choix stratégiques visant à concentrer les ressources sur les projets les plus rentables, au détriment de nouveaux forages ou d’extensions d’infrastructures jugés moins prioritaires à court terme.

La baisse des investissements est surtout perceptible au sein des principales associations pétrolières du pays. L’Association Iroko et celle de Sanaga Sud ont enregistré des diminutions significatives de leurs enveloppes respectives, conséquence directe de la réduction des programmes de développement et de forage. Cette orientation confirme un recentrage sur l’optimisation des installations existantes plutôt que sur l’expansion des capacités.

La diminution des investissements a eu pour effet mécanique une baisse des coûts techniques unitaires. Dans le pétrole comme dans le gaz, les dépenses par baril ont reculé, traduisant une meilleure maîtrise des coûts liés aux infrastructures et aux équipements. Toutefois, cette évolution masque une réalité plus contrastée. Les coûts d’exploitation, eux, sont repartis à la hausse. La combinaison d’une production légèrement en baisse, de champs vieillissants et de charges opérationnelles plus élevées pèse sur la rentabilité globale du secteur. Cette tendance souligne les limites d’une stratégie fondée uniquement sur la compression des investissements.

Pour la SNH, ces évolutions illustrent les défis auxquels fait face l’industrie des hydrocarbures au Cameroun : maintenir la production malgré la maturité des gisements, contenir l’augmentation des coûts d’exploitation et préparer les prochaines phases d’exploration. Dans un contexte où l’efficience devient centrale, la capacité à concilier rentabilité immédiate et vision de long terme s’impose désormais comme un enjeu majeur pour la durabilité du secteur.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page