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Marchés financiers : Le Bénin sonde les investisseurs mondiaux et prépare une première incursion sur le marché des sukuk

Après un passage remarqué à Londres, le Bénin envisage un retour structuré sur les marchés financiers internationaux. L’opération, qui pourrait avoisiner un milliard de dollars, inclurait pour la première fois un sukuk souverain, marquant une étape stratégique dans la diversification de ses sources de financement.

Le Bénin a récemment repris langue avec la communauté financière internationale à l’occasion d’une série de rencontres organisées à Londres. Objectif affiché : tester l’appétit des investisseurs pour une émission obligataire internationale de grande ampleur, articulée autour de plusieurs tranches. Au cœur du projet figure un instrument inédit pour le pays, un sukuk souverain à maturité de sept ans, qui viendrait compléter une opération obligataire classique. Si elle aboutit, cette émission marquerait un retour du Bénin sur les marchés internationaux après son opération réussie de janvier 2025, et placerait le pays parmi les rares États d’Afrique subsaharienne à recourir à la finance islamique sur la scène mondiale.

Selon des sources proches du dossier, l’opération envisagée serait structurée sous format 144A/Reg S, afin de toucher à la fois les investisseurs américains qualifiés et les investisseurs internationaux. Elle pourrait inclure une réouverture partielle de deux euro-obligations existantes arrivant à échéance en 2038 et 2041, en complément du sukuk. Le montant global de la levée pourrait atteindre environ un milliard de dollars. Le montage financier est piloté par un consortium bancaire international réunissant Citi, JP Morgan, HSBC et Emirates NBD Capital, avec l’appui d’Arqaam Capital. La structuration spécifique du sukuk serait assurée par HSBC et Emirates NBD Capital.

Longtemps à l’étude, le projet semble bénéficier d’une fenêtre de tir plus favorable. Les agences de notation soulignent la solidité relative du profil de dette du Bénin, caractérisé par une maturité longue, une prédominance de taux fixes et une part importante de financements concessionnels. Fitch a d’ailleurs récemment confirmé la note souveraine du pays à B+ tout en relevant sa perspective à positive. Malgré un épisode politique sensible survenu en décembre dernier, l’intérêt des investisseurs ne s’est pas émoussé, signe d’une confiance maintenue dans la trajectoire macroéconomique du pays.

Au-delà du cas béninois, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large. Le marché mondial des sukuk continue de progresser, porté notamment par les investisseurs du Golfe. Le Nigeria et le Sénégal ont également annoncé des projets similaires, illustrant l’intérêt croissant des États africains pour des instruments financiers alternatifs, capables d’élargir leur base d’investisseurs et de renforcer leurs liens avec le Moyen-Orient. Pour le Bénin, l’émission d’un premier sukuk international pourrait ainsi constituer bien plus qu’une opération financière : un signal stratégique adressé aux marchés mondiaux.

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