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Financement vert : L’Inde fait une entrée remarquée dans le solaire africain avec un premier prêt en Zambie

Pour la première fois, l’agence publique indienne dédiée aux énergies renouvelables engage des fonds sur le continent africain. En soutenant un projet solaire de 100 MW en Zambie, New Delhi affiche son ambition de devenir un acteur clé du financement international de la transition énergétique.

L’Inde vient de franchir un cap dans sa stratégie énergétique internationale. Le 16 janvier, l’Indian Renewable Energy Development Agency (IREDA) a annoncé son tout premier financement en Afrique, marquant une étape importante dans l’expansion de ses activités hors de ses frontières. Par l’intermédiaire de sa filiale internationale, IREDA Global Green Energy Finance IFSC Ltd. (IGGEFIL), l’agence a validé un prêt de 22,5 millions de dollars pour la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 100 MW dans le district de Serenje, en Zambie. Le financement bénéficiera à Swarna Solar Limited, un développeur spécialisé dans les projets d’énergies renouvelables. Si les détails du coût global du projet et de son montage financier n’ont pas été rendus publics, l’opération n’en reste pas moins stratégique, tant pour l’Inde que pour le pays hôte.

Le choix de la Zambie n’est pas anodin. Le pays d’Afrique australe dépend largement de l’hydroélectricité pour sa production d’énergie. Or, la multiplication des épisodes de sécheresse a fragilisé ce modèle, entraînant des tensions récurrentes sur l’approvisionnement électrique. Dans ce contexte, le solaire apparaît comme une solution de diversification essentielle pour renforcer la résilience du système énergétique national. La future centrale de Serenje doit ainsi contribuer à sécuriser l’offre d’électricité, tout en accompagnant les objectifs de transition énergétique du pays.

Au-delà de ce projet précis, l’initiative révèle les ambitions plus larges de New Delhi. Basée à GIFT City, place financière internationale indienne, IGGEFIL a pour mission de mobiliser des capitaux mondiaux afin de financer des projets solaires hors de l’Inde. Cette démarche s’inscrit dans la volonté du pays de s’imposer comme un leader des énergies propres, y compris sur la scène internationale.

Ce premier financement pourrait ouvrir la voie à d’autres investissements indiens en Afrique. Toutefois, l’Inde arrive sur un marché où des acteurs comme la Chine disposent déjà d’une forte présence, aussi bien en matière de financement que de fourniture d’équipements. La bataille pour le solaire africain ne fait donc que commencer, et l’initiative indienne pourrait en redessiner les équilibres.

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