Financements du développement : La BAD recentre ses appuis au Cameroun sur l’emploi des jeunes et des femmes en 2026
Face à la pression démographique et à la montée des attentes sociales, le gouvernement camerounais et la Banque africaine de développement réorientent leurs priorités. Les financements prévus pour 2026 mettront l’accent sur la création d’emplois, avec un ciblage stratégique des jeunes et des femmes, au cœur des politiques publiques.

Le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) et la Banque africaine de développement (BAD) accordent désormais leurs montres sur la même heure sociale. Reçu en audience le 19 janvier 2026 à Yaoundé par le ministre Alamine Ousmane Mey, le directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale, Léandre Bassole, a confirmé un virage clair dans l’orientation des financements destinés au Cameroun. Pour l’institution panafricaine, l’année 2026 sera marquée par une priorité transversale : soutenir l’emploi, notamment celui des jeunes et des femmes. Une ligne d’action qui s’inscrit dans les hautes orientations fixées par le chef de l’État, dans un pays où la majorité de la population a moins de 30 ans et où l’insertion économique demeure un défi structurel.
Avec un volume d’engagements estimé à environ 2,5 milliards de dollars, le Cameroun constitue le principal champ d’intervention de la BAD en Afrique centrale. Ce portefeuille couvre des secteurs clés tels que les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’éducation et le développement social.
Toutefois, la question de l’efficacité de mise en œuvre reste centrale. Les échanges entre les équipes du Minepat et celles de la BAD ont permis d’identifier des goulots d’étranglement, notamment administratifs, qui ralentissent l’exécution des projets. Des solutions opérationnelles sont à l’étude afin d’accélérer les décaissements et d’optimiser l’impact économique et social des financements.
Cette stratégie orientée vers l’emploi n’est pas qu’une déclaration d’intention. Elle se matérialise déjà à travers des projets structurants, à l’image du programme CAP2E (Capacités et compétences pour l’employabilité et l’entrepreneuriat), approuvé en mai 2025. Doté de près de 89 milliards de FCFA, ce projet de cinq ans cible l’Extrême-Nord, une région marquée par une pauvreté élevée et une vulnérabilité économique et climatique persistante. Formation professionnelle, soutien à l’entrepreneuriat, modernisation d’infrastructures éducatives et sociales constituent les piliers de cette approche intégrée, avec une attention particulière portée à l’entrepreneuriat féminin.
Au-delà des programmes sociaux, la BAD agit également sur des leviers indirects de création d’emplois. Le financement du commerce en fait partie, avec une facilité de garanties de plus de 16 milliards de FCFA accordée à Crédit communautaire d’Afrique-Bank, destinée à faciliter l’accès des PME aux instruments du commerce extérieur.
Parallèlement, les investissements dans les infrastructures lourdes se poursuivent. La reconstruction de la route Ngaoundéré-Garoua, financée à hauteur de 182 milliards de FCFA, s’inscrit dans cette dynamique. Cet axe stratégique du corridor Douala-Ndjamena devrait stimuler les échanges régionaux tout en générant des emplois directs et indirects, confirmant le rôle structurant de la BAD dans le développement économique du Cameroun.



