Industrie : Aluminium et acier s’unissent au Cameroun pour affronter le marché africain
Le paysage de l’industrie lourde camerounaise connaît une recomposition stratégique. Avec l’entrée d’Alucam et de Proalu au sein de l’ancienne OCITA, désormais rebaptisée Ocitram, les principaux acteurs de la transformation des métaux entendent renforcer leur compétitivité et préparer une offensive collective sur le marché continental ouvert par la Zlecaf.

Jusqu’ici centrée sur la transformation de l’acier, l’Organisation camerounaise des industries de transformation de l’acier change de dimension. L’adhésion récente de la Compagnie camerounaise de l’aluminium (Alucam) et de Proalu SA marque un tournant décisif. Cette évolution s’accompagne d’un changement de nom, l’organisation devenant l’Organisation camerounaise des industries de transformation des métaux, en abrégé Ocitram.
Ce repositionnement vise à fédérer, au-delà de la seule sidérurgie, l’ensemble des grands acteurs de l’aluminium et des métaux industriels. Une manière, selon ses responsables, de mieux refléter la réalité du tissu industriel national et de renforcer la capacité de dialogue avec les pouvoirs publics.
Avec ces nouvelles adhésions, l’Ocitram revendique désormais cinq poids lourds du secteur : Aciéries du Cameroun, Prometal, Metafrique Steel, Alucam et Proalu. Ensemble, ces entreprises concentreraient près de 95 % du marché national de l’acier et des métaux, pour un chiffre d’affaires annuel estimé à environ 500 milliards de FCFA et plus de 4 000 emplois directs. Au-delà de ces chiffres, l’organisation met en avant le rôle structurant de ces industries dans l’économie camerounaise. Fournissant des intrants essentiels à la construction, aux infrastructures et à d’autres branches manufacturières, elles sont perçues comme un levier central de l’industrialisation du pays.
L’Ocitram se positionne comme une plateforme d’interface entre l’État et les industriels. Parmi ses priorités figurent la promotion des bonnes pratiques industrielles, la valorisation du “made in Cameroun” dans les métaux, ainsi que la structuration et la protection de la filière face à la concurrence extérieure. L’organisation plaide également pour l’élaboration d’une politique nationale dédiée aux aciers et métaux, afin d’améliorer durablement la performance du secteur.
En toile de fond, l’ambition est clairement continentale. Avec l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine, les industriels camerounais veulent se donner les moyens de rivaliser sur un marché de plus de 1,3 milliard de consommateurs. En misant sur une action collective et un cadre plus compétitif, l’Ocitram espère faire de l’industrie lourde camerounaise un acteur crédible de l’intégration économique africaine.



