Commerce extérieur : Le riz cède du terrain à l’importation, mais la facture globale grimpe
Au deuxième trimestre 2025, le Cameroun a légèrement réduit ses achats de riz à l’étranger, signe encourageant pour la politique d’import-substitution. Cette embellie sectorielle contraste toutefois avec la hausse marquée de la facture globale des importations et la chute des exportations, selon la Note de conjoncture économique du ministère des Finances.

Entre avril et juin 2025, le pays a dépensé 1 382,8 milliards de FCFA pour ses importations, soit près de 200 milliards de plus qu’au trimestre précédent. Dans ce flot continu de biens venus d’ailleurs, un détail attire l’attention : les importations de riz ont reculé de 14,2 milliards de FCFA. Un signal modeste, mais politiquement symbolique, au moment où l’État mise sur la réduction des dépendances alimentaires.
Cette évolution est mise en relation avec le Plan intégré d’import-substitution agro-pastorale et halieutique. L’objectif est clair : tripler la production nationale de riz à moyen terme. De 140 710 tonnes en 2024, elle devrait atteindre 460 000 tonnes d’ici 2027, avant de viser 750 000 tonnes à l’horizon 2030, seuil proche de l’autosuffisance. Pour soutenir cette montée en puissance, des financements ciblés ont été accordés à des structures publiques de production, notamment dans l’Extrême-Nord et le Nord-Ouest, afin d’augmenter rapidement les volumes disponibles sur le marché local.
Malgré la baisse du riz, la structure des importations reste dominée par les carburants et lubrifiants, qui concentrent plus de 12 % de la facture. Viennent ensuite les machines et équipements mécaniques et électriques, les poissons congelés, les véhicules et le blé. Certaines lignes ont reculé, comme les véhicules, le gaz butane ou encore les appareils mécaniques. D’autres, en revanche, ont fortement progressé : poissons de mer congelés, textiles confectionnés, aluminium, engrais et produits pétroliers, confirmant la pression persistante sur la balance commerciale.
Côté ventes à l’étranger, la tendance est moins favorable. La valeur des exportations s’est établie à 587,1 milliards de FCFA au deuxième trimestre, en net repli par rapport aux trois mois précédents. Cette chute s’explique à la fois par la baisse des volumes et par un recul des prix de certains produits phares. Les diminutions les plus marquées concernent le cacao brut, le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le coton et l’aluminium. À l’inverse, quelques produits ont résisté, notamment le bois scié, le savon de ménage, le café, la banane et le beurre de cacao.
Sur l’ensemble du premier semestre 2025, les exportations progressent toutefois en glissement annuel pour atteindre 1 705,4 milliards de FCFA, tirées par le cacao et ses dérivés, la banane et le café. Mais cette dynamique reste fragilisée par la baisse des recettes issues des hydrocarbures et du bois. En filigrane, le message est double : la politique d’import-substitution commence à produire des effets visibles sur le riz, mais l’économie camerounaise demeure exposée aux soubresauts du commerce mondial. La souveraineté alimentaire avance à pas mesurés, pendant que la balance commerciale continue de naviguer entre vents contraires et promesses de récoltes futures.



