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Coopération sino-africaine : Les Nouvelles routes de la soie propulsent l’Afrique au premier rang des partenaires de Pékin

En 2025, les engagements chinois en Afrique dans le cadre de l’Initiative des Nouvelles routes de la soie ont connu une envolée spectaculaire, atteignant 61,2 milliards de dollars. Selon un rapport universitaire sino-australien, le continent redevient la principale destination des projets soutenus par Pékin, avec une forte prédominance des infrastructures et de l’énergie.

Après un recul observé en 2024, l’Afrique a repris en 2025 sa place centrale dans la stratégie internationale de la Chine. Les engagements financiers annoncés sur le continent ont bondi de 283 % en un an pour s’établir à 61,2 milliards de dollars. Cette dynamique est révélée par le rapport « China Belt and Road Initiative Investment Report 2025 », publié par des centres de recherche rattachés aux universités de Griffith (Australie) et de Fudan (Chine).

L’essentiel de ces montants correspond à des contrats de construction d’infrastructures : routes, centrales électriques, ports ou installations industrielles. Ces projets sont majoritairement adossés à des prêts accordés par les banques publiques chinoises, destinés soit aux États bénéficiaires, soit directement aux entreprises chargées des travaux.

Les auteurs du rapport soulignent que la géopolitique commerciale mondiale pèse désormais sur les choix d’implantation des groupes chinois. Les droits de douane américains, variables selon les régions, incitent certaines entreprises à relocaliser des unités de production vers l’Afrique. Le cas d’une entreprise ayant transféré une usine du Vietnam vers le Maroc afin de bénéficier de taxes plus avantageuses est cité comme illustration de cette nouvelle logique. Cette stratégie permet à Pékin de sécuriser des débouchés industriels tout en renforçant sa présence économique sur le continent africain, devenu une plateforme alternative dans les chaînes de valeur mondiales.

Sur les 18,8 milliards de dollars d’investissements effectivement réalisés en Afrique en 2025, le secteur énergétique concentre la plus grande part. À l’échelle mondiale, l’énergie représente 43 % des engagements liés à l’initiative, devant les mines (15,3 %), l’immobilier (11,3 %), les technologies (9 %) et les transports (6,2 %). L’Égypte figure parmi les principaux bénéficiaires, avec plus de 10 milliards de dollars de projets attirés. Globalement, la Chine a soutenu 350 projets dans les pays partenaires de l’initiative en 2025, pour un total mondial de 213,5 milliards de dollars, bien au-dessus du niveau de l’année précédente. Les contrats de construction y dominent largement les investissements directs, traduisant une approche plus prudente des entreprises chinoises face aux risques financiers.

Depuis son lancement en 2013, l’Initiative des Nouvelles routes de la soie a mobilisé près de 1 400 milliards de dollars d’engagements cumulés, dont plus de 560 milliards sous forme d’investissements. Conçue pour améliorer les connexions commerciales entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique, elle s’appuie sur un vaste réseau d’infrastructures : ports, chemins de fer, parcs industriels et centrales électriques. Avec le retour en force des projets en Afrique, Pékin confirme que le continent reste un pilier stratégique de sa diplomatie économique, au moment où les tensions commerciales et les recompositions industrielles redessinent les routes du commerce mondial.

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