Mines : Défaite de Sundance au Congo, bras de fer maintenu avec Yaoundé
Le groupe minier australien Sundance Resources vient d’essuyer un revers devant l’arbitrage international face à la République du Congo dans le dossier du fer de Mbalam-Nabeba. Malgré cette décision, l’entreprise poursuit ses actions contre le Cameroun, alors que le pays vient de réussir une levée de fonds importante sur les marchés internationaux.
Le tribunal arbitral constitué sous l’égide de la Chambre de commerce internationale a tranché en faveur de la République du Congo. Selon la décision rendue après l’audience tenue en novembre 2024, Brazzaville était fondée à retirer le permis d’exploitation de la filiale Congo Iron en raison du retard accusé dans le développement du projet entre 2016 et 2018. Les demandes formulées par Sundance ont ainsi été rejetées.
Cette issue a été accueillie avec incompréhension par la société australienne et son financeur du litige, Burford Capital. Après examen du jugement, Sundance estime que plusieurs anomalies auraient entaché la procédure et évoque une « injustice substantielle ». Elle a saisi la High Court of Justice à Londres afin d’obtenir l’annulation de la sentence, en s’appuyant sur l’English Arbitration Act.
En parallèle, l’entreprise maintient ses poursuites contre l’État du Cameroun dans une procédure distincte, également conduite devant la CCI. Le verdict est attendu entre février et mars 2026. Sundance affirme que l’issue du litige congolais ne préjuge pas de celui qui l’oppose à Yaoundé, chaque affaire ayant été instruite par un tribunal différent.
Le contentieux trouve son origine dans l’incapacité du groupe à finaliser les infrastructures nécessaires au projet : voie ferrée reliant Mbalam à Kribi, port minéralier et exploitation du gisement. Les discussions engagées au fil des ans avec des partenaires chinois et asiatiques n’ont pas abouti. Face à ces blocages, le Cameroun a opté pour de nouveaux partenaires, dont AutSino et Bestway Finance, décision contestée par Sundance. Depuis 2022, le permis d’exploitation côté camerounais est détenu par Cameroon Mining Company, liée à Bestway Finance, tandis que la partie congolaise est passée sous contrôle de Sangha Mining.
Cette actualité minière intervient alors que le Cameroun aurait réussi une émission d’eurobonds de 750 millions de dollars sur cinq ans, selon des informations attribuées à Bloomberg. Converti en monnaie locale, le montant avoisinerait 420 milliards de FCFA, avec un rendement de 10,12 %, signe d’un coût d’emprunt élevé.
Cette opération s’inscrit dans la stratégie d’endettement 2026, encadrée par un décret présidentiel autorisant jusqu’à 1 650 milliards de FCFA d’emprunts, dont une part importante à l’international. Si elle confirme l’accès du pays aux marchés, elle souligne aussi la tension persistante sur le financement extérieur, dans un environnement jugé plus risqué par les investisseurs.



