Marché financier : Le Crédit foncier du Cameroun s’impose comme nouvel acteur clé du crédit en 2025
Porté par une expansion fulgurante de son activité de prêt, le Crédit foncier du Cameroun (CFC) s’est hissé parmi les principaux fournisseurs de crédit au premier trimestre 2025. Cette percée bouleverse l’équilibre d’un marché longtemps dominé par quelques sociétés financières privées.

Au début de l’année 2025, le paysage du crédit au Cameroun a connu un retournement inattendu. Le Crédit foncier du Cameroun, établissement public historiquement spécialisé dans le logement, a enregistré une montée en puissance remarquable dans l’offre de prêts. Selon les statistiques issues des données compilées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), l’institution a capté près d’un tiers de l’activité des sociétés financières sur la période janvier-mars 2025. Douze mois plus tôt, sa présence restait marginale. Cette évolution traduit une croissance exceptionnelle de son poids sur le marché, multiplié par plusieurs fois en l’espace d’un an, signe d’un repositionnement stratégique assumé.
Cette dynamique s’est opérée dans un contexte de redistribution des cartes entre les principaux acteurs. Le leader historique, ALIOS Finance, demeure en tête, mais sa part relative s’est contractée. PRO-PME Finance a également vu son influence reculer, tandis que d’autres intervenants ont enregistré des progressions plus modestes. L’ascension du CFC apparaît ainsi comme le fait marquant de ce début d’année, révélant une concurrence plus équilibrée et une diversification accrue des sources de financement.
La progression commerciale du Crédit foncier s’appuie sur une amélioration sensible de ses indicateurs financiers. Sur l’exercice 2024, l’établissement a dégagé un résultat net en nette hausse par rapport à l’année précédente. Cette embellie est principalement liée à la diminution des charges associées aux créances à risque, après une période marquée par de lourdes provisions et des ajustements comptables imposés par le régulateur bancaire. Ce redressement a permis au CFC de renforcer sa capacité d’intervention et d’élargir son offre de prêts, notamment en direction des entreprises.
Malgré ces avancées, les fonds de financement et de garantie de l’institution ont connu une légère baisse à la fin de 2024. Cette évolution s’explique par le décalage entre les montants collectés et ceux effectivement mobilisés pour soutenir les opérations de crédit. Dans l’ensemble, la trajectoire du Crédit foncier témoigne d’un changement de statut : d’acteur discret, il est devenu un pilier du marché des sociétés financières. Reste à savoir si cette dynamique pourra se maintenir dans un environnement économique encore soumis à de fortes incertitudes.



