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Fusions-acquisitions : En Afrique, 11,6 milliards de dollars de deals en sept mois, mais un marché toujours dominé par quelques mégatransactions

Le marché africain des fusions-acquisitions a progressé en valeur au premier semestre 2026, malgré une forte contraction du nombre d’opérations. Selon le Boston Consulting Group (BCG), 200 transactions ont été recensées entre janvier et juillet, pour une valeur cumulée de 11,6 milliards de dollars. Cette hausse de 19 % masque toutefois une forte concentration de l’activité : trois opérations ont à elles seules généré près des trois quarts des montants engagés.

Le marché africain des fusions-acquisitions affiche une progression spectaculaire en valeur, mais celle-ci doit être relativisée par l’évolution du nombre de transactions. Entre janvier et juillet 2026, les opérations impliquant des entreprises présentes sur le continent ont représenté 11,6 milliards de dollars, contre un niveau inférieur un an plus tôt. Dans le même temps, le nombre de deals a chuté de 32 %, à seulement 200 opérations. Cette configuration traduit moins une accélération généralisée des rapprochements entre entreprises qu’un retour des opérations de très grande taille. Trois transactions ont concentré 8,7 milliards de dollars, soit environ 75 % de la valeur totale recensée sur la période. Les 197 autres opérations n’ont généré ensemble qu’environ 2,9 milliards de dollars.

Les mégadeals tirent les montants vers le haut

Le phénomène est particulièrement visible sur le segment des opérations dépassant 500 millions de dollars. Leur taille moyenne est passée de 1,1 milliard de dollars au cours des sept premiers mois de 2025 à 2,9 milliards un an plus tard. À l’inverse, les transactions de moindre ampleur ont conservé une taille moyenne proche de 14 millions de dollars. Le marché apparaît donc segmenté entre, d’une part, quelques opérations géantes portant sur des actifs stratégiques et, d’autre part, une multitude de transactions de taille relativement réduite. Cette dichotomie constitue un élément important pour apprécier la maturité du marché. Les chiffres du BCG montrent que la hausse de la valeur ne signifie pas nécessairement une démocratisation des opérations de croissance externe. Les grandes entreprises et les investisseurs stratégiques continuent de jouer un rôle disproportionné dans la formation de la valeur totale.

Les investisseurs étrangers renforcent leur présence

La principale évolution du premier semestre concerne toutefois le rééquilibrage entre investissements entrants et acquisitions réalisées par des entreprises africaines. Les opérations ciblant des sociétés africaines ont généré 7,8 milliards de dollars, soit une progression de 63 % sur un an. À l’inverse, les transactions réalisées par des acquéreurs africains ont reculé de 44 %, pour tomber à 4,7 milliards de dollars, contre 8,3 milliards un an auparavant. Les deux catégories ne peuvent cependant pas être additionnées pour mesurer les flux globaux, puisque les opérations intra-africaines sont simultanément considérées comme des investissements entrants et sortants.

Les minerais au cœur de l’appétit des investisseurs

Le secteur minier constitue le principal moteur de cette dynamique. Les minerais et métaux ont représenté environ 75 % de la valeur des opérations ciblant des entreprises africaines sur les sept premiers mois de 2026. L’opération la plus importante a été l’acquisition par l’américain Alcoa de cinq actifs de South32 dans la chaîne de valeur de l’aluminium, notamment Hillside Aluminium, la plus importante fonderie d’aluminium du continent. Le montant de la transaction est estimé à 5,5 milliards de dollars. Cette opération illustre l’intérêt croissant pour les actifs africains liés aux ressources naturelles stratégiques. Dans un contexte de transition énergétique, la disponibilité de certains minerais devient un facteur de compétitivité industrielle et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Énergie : les capitaux du Golfe gagnent du terrain

L’énergie demeure un autre secteur majeur des investissements internationaux. Les groupes originaires des pays du Golfe renforcent notamment leur présence sur les marchés africains. En juillet, ADNOC Distribution, groupe émirati, a acquis pour 1 milliard de dollars les activités de distribution de carburants de Shell en Afrique du Sud. Cette opération illustre la montée en puissance des investisseurs du Golfe dans des actifs africains générateurs de revenus et disposant d’une position stratégique sur leurs marchés. D’autres opérations, de taille plus modeste, confirment cette tendance. Panoro Energy a ainsi consacré 167 millions de dollars à l’acquisition d’une participation supplémentaire dans le champ offshore Ceiba et le complexe pétrolier Okume, en Guinée équatoriale, portant sa participation de 14,25 % à 54,6 %.

Le private equity retrouve de l’élan

Le capital-investissement participe également à la reprise. La valeur des transactions impliquant des acteurs du private equity est passée de 1 milliard de dollars sur les sept premiers mois de 2025 à 2,9 milliards en 2026. Cette progression intervient malgré un léger recul du nombre d’opérations. Là encore, la hausse repose donc davantage sur la taille des transactions que sur une multiplication des investissements. Le secteur financier a également enregistré plusieurs opérations, notamment la fusion-absorption d’Allianz Maroc par Sanlam Maroc ainsi que l’acquisition d’Osead Fund par le marocain Ayrad Group.

Un marché porté par les fondamentaux, mais exposé aux risques géopolitiques

À moyen terme, les perspectives demeurent soutenues par plusieurs facteurs structurels : croissance démographique, urbanisation, digitalisation et montée en puissance de l’Afrique dans les chaînes mondiales d’approvisionnement en minerais stratégiques. Le principal point de vigilance tient toutefois à l’environnement géopolitique et financier. Le conflit au Moyen-Orient pourrait notamment inciter les fonds souverains et les entreprises publiques des pays du Golfe à adopter une politique d’investissement plus sélective. Le marché africain des M&A entre ainsi dans la seconde moitié de 2026 avec une équation contrastée : davantage de capitaux sur certains actifs stratégiques, mais moins de transactions et une concentration toujours très forte de la valeur autour de quelques opérations géantes.

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