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Gestion publique : Wateris, la méthode numérique de la Camwater pour améliorer la traçabilité des recettes

Après une première expérimentation menée à Loum, dans le Littoral, la CAMWATER entend progressivement généraliser WATERIS, sa nouvelle solution de gestion commerciale. Au-delà de la modernisation de la relève des compteurs, le projet vise à améliorer la traçabilité des recettes, réduire les erreurs de facturation et renforcer le pilotage des activités. À terme, cette transformation pourrait également modifier l’organisation et les besoins en ressources humaines des agences commerciales.

La transformation numérique de la CAMWATER entre dans une phase opérationnelle. Le 1er octobre 2026, l’entreprise publique chargée de la production et de la distribution de l’eau potable au Cameroun a lancé officiellement WATERIS au sein de son agence commerciale de Loum. L’initiative, supervisée par le directeur général, Dr Blaise Moussa, marque le démarrage d’une expérimentation appelée à servir de modèle pour le déploiement progressif de la solution dans les autres agences du réseau. L’enjeu dépasse la simple dématérialisation de la relève. WATERIS doit contribuer à restructurer l’ensemble de la chaîne commerciale, depuis l’enregistrement de la consommation jusqu’au recouvrement des factures.

De la relève manuelle à la donnée exploitable

La première relève digitale réalisée à Loum constitue le principal signal du passage à une nouvelle méthode de collecte des données. Les index de consommation sont désormais appelés à être enregistrés à travers un dispositif numérique, avec l’objectif de limiter les erreurs et de raccourcir les délais de transmission. Dans cette logique, WATERIS doit permettre à la CAMWATER de disposer d’une information plus homogène et davantage exploitable. La relève, la facturation, l’encaissement et le recouvrement sont appelés à fonctionner autour d’un même environnement informatique. Une telle intégration peut faciliter le rapprochement des informations et donner à la direction une vision plus précise des performances de chaque agence.

Un outil également destiné à sécuriser les recettes

La dimension financière constitue l’un des principaux intérêts du projet. En renforçant la traçabilité des opérations commerciales, la CAMWATER cherche à réduire les risques associés aux erreurs de saisie, aux manipulations de données et aux déperditions dans le circuit de facturation et d’encaissement. Cette évolution intervient dans un contexte où la performance financière des entreprises publiques dépend de plus en plus de leur capacité à améliorer leurs recettes propres. Pour une société de distribution d’eau, l’enjeu est particulièrement important : chaque étape mal maîtrisée entre la consommation réelle, la facturation et le paiement peut se traduire par une perte de revenus. La digitalisation ne constitue donc pas seulement un projet informatique. Elle devient un instrument de gestion financière et de contrôle interne.

Plus de 6 000 compteurs intelligents dans le dispositif

WATERIS doit également s’appuyer sur les équipements issus du projet PforR, avec notamment plus de 6 000 compteurs intelligents déjà disponibles. Ces équipements ouvrent la voie à une gestion plus automatisée de la consommation et au développement du prépaiement. L’intérêt économique de cette infrastructure réside dans la possibilité de rapprocher progressivement la consommation, la facturation et le paiement dans un même écosystème numérique. Pour CAMWATER, cela pourrait contribuer à améliorer la prévisibilité des encaissements tout en offrant aux usagers davantage de possibilités de paiement à distance. Cette orientation accompagne plus largement la progression des moyens de paiement digitaux au Cameroun. Elle pourrait aussi réduire, à terme, la dépendance des agences aux opérations réalisées aux guichets physiques.

La digitalisation va modifier l’organisation des agences

Le projet comporte par ailleurs un volet organisationnel important. La CAMWATER indique que la dématérialisation des opérations devrait permettre de réduire les besoins théoriques en personnel dans les agences commerciales. L’effectif cible serait inférieur à 15 agents par agence, contre plus de 25 auparavant. La question sera donc de savoir si les gains de productivité dégagés par WATERIS peuvent être transformés en amélioration durable de la qualité du service.

Un déploiement national annoncé à l’horizon 2027

Après Loum, la CAMWATER prévoit d’étendre progressivement la solution à son réseau commercial. L’objectif affiché pour 2027 porte sur 75 agences à équiper et à renforcer en capacités, avec un réseau comprenant notamment des agences déjà opérationnelles et de nouvelles implantations. Cette montée en puissance donnera au projet une dimension beaucoup plus stratégique. Plus le nombre d’agences connectées sera important, plus l’entreprise pourra disposer d’une lecture consolidée de son activité commerciale à l’échelle nationale. La réussite du déploiement dépendra néanmoins de plusieurs facteurs : qualité des infrastructures numériques, formation des agents, fiabilité des équipements, appropriation par les usagers et capacité à assurer la continuité du service en cas de défaillance technique.

Une transformation qui dépasse WATERIS

Le projet s’inscrit enfin dans une feuille de route numérique plus large. La CAMWATER prévoit notamment la mise en place d’une messagerie professionnelle unifiée, d’une Gestion électronique du courrier et d’un ERP destiné à intégrer plusieurs fonctions internes, notamment les ressources humaines, les finances et les stocks.

L’entreprise s’oriente ainsi vers un modèle où la donnée doit progressivement devenir un outil transversal de pilotage. Le principal indicateur de réussite ne sera donc pas uniquement le nombre d’agences équipées. Il résidera dans la capacité de cette infrastructure numérique à améliorer simultanément la productivité, la maîtrise des recettes, la qualité du service et la visibilité financière de CAMWATER. Avec Loum comme première étape opérationnelle, l’entreprise ouvre ainsi un nouveau chantier qui est de faire de la digitalisation non plus un projet technologique périphérique, mais un levier de transformation de son modèle commercial et de gestion.

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