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Transformation agricole : 60 300 échantillons de sols pour rationaliser les investissements agricoles au Cameroun

Le gouvernement prévoit de collecter et d’analyser 60 300 échantillons de sols cultivables afin d’améliorer la connaissance du potentiel agricole national. Soutenue par la Banque mondiale à travers le Projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (PATNUC), cette initiative doit aider les producteurs à adapter leurs cultures et leurs apports en fertilisants aux caractéristiques des terres, dans un contexte où la maîtrise des coûts de production constitue un enjeu majeur de compétitivité.

Le Cameroun engage une nouvelle étape dans la numérisation de son agriculture. Après le développement d’une plateforme interactive consacrée à la fertilité des sols, les pouvoirs publics passent à la collecte des données destinées à alimenter cet outil. L’opération, annoncée pour démarrer en octobre 2026, prévoit le prélèvement et l’analyse de 60 300 échantillons géoréférencés sur l’ensemble du territoire. Présentant cette deuxième phase le 1er octobre 2026 à Yaoundé, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, a précisé que les premiers travaux concerneront cinq régions : l’Extrême-Nord, le Nord, l’Adamaoua, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

L’enjeu dépasse la simple connaissance des propriétés des terres. En identifiant les caractéristiques des sols, leur niveau de fertilité et leurs besoins spécifiques, la plateforme doit contribuer à orienter les choix culturaux et à déterminer les apports en fertilisants les plus adaptés. Cette démarche vise à améliorer l’allocation des ressources agricoles. Dans un secteur où les producteurs disposent souvent de moyens financiers limités, l’utilisation d’intrants inadaptés peut alourdir les charges sans garantir une progression des rendements. Une information agronomique plus précise pourrait ainsi réduire les dépenses inutiles et améliorer la rentabilité des exploitations.

Plus de 6,8 milliards de FCFA en équipements et subventions

Le déploiement de cet outil s’accompagne de moyens matériels et financiers destinés au sous-secteur agricole. Selon Gabriel Mbairobe, les équipements informatiques, les plateformes numériques et le matériel roulant fournis dans le cadre du PATNUC représentent plus de 3 milliards de FCFA.

Le dispositif bénéficie également de 3 milliards de FCFA de subventions destinées aux petits producteurs de maïs, de riz pluvial, de manioc et d’anacarde, ainsi que de 800 millions de FCFA affectés aux organisations de producteurs. Au total, ces ressources représentent plus de 6,8 milliards de FCFA en équipements et subventions annoncés, sans que ce montant corresponde au coût spécifique de la campagne d’échantillonnage. Des véhicules, des motos, des kits d’analyse, des réactifs, des ordinateurs et des tablettes doivent faciliter les prélèvements, les analyses et la transmission des informations depuis les zones de production.

La rentabilité dépendra de l’utilisation des données

Intégrée à la troisième composante du PATNUC, consacrée aux solutions numériques fondées sur les données agricoles, cette initiative ambitionne également de renforcer les services de conseil, la recherche et la planification publique.  Toutefois, la valeur économique de la cartographie dépendra de sa capacité à produire des recommandations concrètes et accessibles aux exploitants. La collecte des échantillons ne constitue qu’une première étape : les résultats devront être régulièrement actualisés, traduits en conseils agronomiques et diffusés auprès des producteurs, y compris dans les zones rurales les moins connectées.

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