Cacao bio : Le Cameroun mise sur un partenariat pour renforcer sa compétitivité à l’international
Le gouvernement apporte son soutien au programme « CACAO BIO 1000 », porté par la coopérative UMO.PRO.CAO.E.SCOOPS et la société liechtensteinoise Protect First AG. L’initiative vise à promouvoir la production biologique, la certification équitable et une meilleure rémunération des producteurs, dans un contexte d’exigences accrues sur les marchés internationaux.

Le Cameroun entend renforcer le positionnement de son cacao sur les marchés internationaux en misant sur la qualité, la traçabilité et la durabilité. C’est dans cette perspective que le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a présidé, le 19 octobre 2026, la signature d’une convention de partenariat entre la coopérative Unité Moderne de Production de Cacao d’Excellence (UMO.PRO.CAO.E.SCOOPS), basée à Ayos, et Protect First AG, une société établie au Liechtenstein.
Représentée par son président du Conseil exécutif, Mveng Ateba Sébastien, la coopérative camerounaise s’associe ainsi à l’entreprise étrangère, représentée par son directeur général, Ralf Van Deest, dans le cadre du programme « CACAO BIO 1000 ». L’ambition affichée est de structurer une approche de production et de commercialisation répondant aux attentes des acheteurs internationaux, tout en améliorant la valorisation du cacao camerounais.
Au-delà de la signature de cette convention, les promoteurs veulent inscrire leur collaboration dans la durée. Selon Mveng Ateba Sébastien, il ne s’agit pas de conclure une simple opération commerciale, mais de construire une relation pérenne entre les producteurs, la coopérative, le partenaire international et les clients finaux. Cette démarche doit permettre de consolider les débouchés commerciaux et de mieux valoriser la qualité du produit sur les marchés extérieurs.
Le bio et le commerce équitable comme leviers de valorisation
Le dispositif porté par Protect First AG repose sur deux axes complémentaires : la production de cacao biologique et sa commercialisation sous le label du commerce équitable, ou « Fair Trade ». Le premier implique le respect des exigences propres à la certification biologique, notamment en matière d’intrants et de pratiques agricoles. Le second vise à promouvoir des conditions commerciales plus transparentes et une meilleure répartition de la valeur entre les différents intervenants de la chaîne. Toutefois, la concrétisation de cette ambition dépendra notamment de la capacité des producteurs à respecter durablement les cahiers des charges, à assurer la traçabilité des fèves et à répondre aux exigences des certifications visées. Elle suppose également des débouchés commerciaux capables de rémunérer les efforts supplémentaires consentis par les exploitants.
UMO.PRO.CAO.E.SCOOPS, un partenaire choisi pour la qualité de sa production
Le choix de la coopérative d’Ayos s’appuie sur son expérience dans la production et la commercialisation du cacao. La structure a notamment obtenu une médaille de bronze lors d’un concours international organisé à Amsterdam, une distinction mise en avant pour illustrer la qualité de son travail. Cette reconnaissance constitue un atout pour le développement du programme, dans la mesure où la différenciation du cacao camerounais passe aussi par la capacité des producteurs à démontrer la régularité et la qualité de leur offre. L’objectif est de consolider ces acquis et de les inscrire dans une stratégie commerciale structurée, plutôt que de miser uniquement sur la réputation générale du cacao national.
Le gouvernement veut élargir l’initiative à la filière
Le soutien des pouvoirs publics traduit la volonté de faire de la qualité un levier de compétitivité et d’amélioration des revenus agricoles. Pour Luc Magloire Mbarga Atangana, le partenariat s’inscrit dans les orientations gouvernementales visant à promouvoir les filières agricoles et à renforcer la rémunération des producteurs.
Le ministre souhaite que cette expérience ne reste pas limitée aux deux partenaires, mais puisse être étendue au plus grand nombre d’acteurs de la filière cacaoyère. Une éventuelle extension permettrait de diffuser les pratiques de production et de commercialisation promues par le programme, sous réserve des capacités d’accompagnement, de certification et d’accès aux marchés.
Les autorités ambitionnent ainsi de conforter la réputation du cacao camerounais et de défendre des prix plus rémunérateurs pour les producteurs. Le gouvernement entend notamment maintenir un positionnement haut de gamme, avec des niveaux de prix pouvant atteindre, selon les objectifs présentés par le ministre, au moins le double de ceux perçus par de nombreux producteurs dans les principaux pays producteurs. Reste désormais à traduire cette ambition en résultats mesurables : volumes effectivement certifiés, contrats commerciaux durables et gains de rémunération pour les producteurs. C’est à l’aune de ces indicateurs que le programme « CACAO BIO 1000 » pourra démontrer sa contribution à la transformation qualitative de la filière cacaoyère camerounaise.



