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Accès à l’énergie : La BAD passe à l’action pour convertir les plans électriques en courant réel

La Banque africaine de développement lance un programme d’assistance technique de 3,9 millions de dollars pour aider 13 pays à transformer leurs engagements énergétiques en projets concrets. Objectif affiché : accélérer les raccordements à l’électricité dans le cadre de la Mission 300, qui vise 300 millions de nouveaux usagers d’ici 2030.

Depuis un an, de nombreux États africains ont adopté des Pactes nationaux pour l’énergie, feuilles de route censées guider l’extension de l’accès à l’électricité et attirer les capitaux privés. Mais entre les promesses et les branchements effectifs, le chemin reste semé d’obstacles techniques et institutionnels. Pour réduire cet écart, le Conseil d’administration de la BAD a validé un nouveau projet baptisé AESTAP Mission 300 Phase II, prévu sur deux ans.

Le programme bénéficiera directement à treize pays engagés dans la Mission 300 : Tchad, Gabon, Tanzanie, Mauritanie, République démocratique du Congo, Kenya, Nigeria, Madagascar, Éthiopie, Malawi, Lesotho, Namibie et Ouganda. L’idée est simple : accompagner ces États afin que leurs plans deviennent des chantiers, puis des réseaux fonctionnels alimentant ménages, écoles, centres de santé et entreprises.

L’assistance technique se concentrera sur plusieurs leviers clés. D’abord, l’amélioration des cadres réglementaires et tarifaires pour sécuriser les investissements. Ensuite, le renforcement des compagnies publiques d’électricité, souvent fragilisées par des pertes élevées et une qualité de service inégale. Le projet entend également fiabiliser les statistiques énergétiques et soutenir l’apprentissage régional, notamment à travers des outils d’évaluation et des espaces d’échanges entre pays.

Autre innovation : le déploiement de conseillers spécialisés au sein des unités nationales chargées de piloter les pactes énergétiques. Ces équipes auront pour mission de coordonner les réformes entre ministères, de suivre les indicateurs de progrès et de lever les blocages administratifs. « Les engagements pris par les pays sont ambitieux. Notre rôle est désormais de les traduire en résultats mesurables », a résumé Wale Shonibare, responsable des solutions financières et de la régulation énergétique à la BAD.

Ce nouveau financement prolonge une première étape approuvée fin 2025, qui avait surtout servi à créer et structurer ces unités nationales : formation des agents, outils de suivi, planification des réformes. La phase II marque un virage opérationnel, orienté vers l’exécution des politiques définies.

La BAD n’agira pas seule. Le programme sera mené en synergie avec la Banque mondiale, les gouvernements concernés et d’autres organisations de développement. Cette coordination vise à éviter la dispersion des efforts et à concentrer les ressources sur des priorités communes.

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