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Agriculture biologique : Le cacao bio africain freiné par les nouvelles règles européennes

En 2024, les exportations africaines de cacao biologique ont reculé de près d’un quart, sous l’effet d’un durcissement réglementaire de l’Union européenne. Si le continent reste leader mondial sur ce segment, la géographie des champions du cacao bio se redessine.

Selon les données publiées par l’Institut de recherche de l’agriculture biologique, l’Afrique a exporté 22 467 tonnes de cacao certifié biologique en 2024, contre près de 29 000 tonnes un an plus tôt. Cette chute d’environ 23 % s’explique par l’entrée en vigueur du nouveau cadre de l’Union européenne, qui impose désormais aux pays tiers de respecter les mêmes exigences que les producteurs européens. Résultat : de nombreuses exploitations africaines n’ont pas pu être rapidement alignées sur ces standards. Les superficies certifiées conformes ont ainsi reculé à 238 258 hectares, soit une baisse de près de 23 % en un an.

Sur ce marché de niche, la hiérarchie diffère largement de celle du cacao conventionnel, dominé par la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria ou le Cameroun. En 2024, la palme africaine du cacao bio revient à la Sierra Leone avec 9 177 tonnes exportées vers l’UE, ce qui en fait aussi le deuxième fournisseur mondial derrière la République dominicaine. Le pays concentre à lui seul près de la moitié des plantations africaines certifiées bio. Derrière lui, la République démocratique du Congo et l’Ouganda complètent le trio de tête, avec un peu plus de 4 500 tonnes chacune. Viennent ensuite Sao Tomé-et-Principe et Madagascar, qui dépassent le seuil des 1 000 tonnes exportées.

Malgré ce repli, l’Afrique conserve sa place de première région exportatrice de cacao biologique au monde. Sur un total mondial de 42 080 tonnes en 2024, plus de 53 % proviennent du continent. L’Amérique latine suit avec environ 19 560 tonnes, tandis que l’Asie ferme la marche. Au total, dix pays africains ont expédié du cacao bio l’an dernier, le Cameroun occupant la dernière position du classement. Pour les analystes, la transition réglementaire européenne agit comme un filtre sévère mais temporaire. À moyen terme, les acteurs africains capables d’investir dans la certification pourraient tirer parti de la hausse continue de la demande mondiale en chocolat durable, transformant l’actuelle tempête normative en tremplin commercial.

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