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Agro-industrie : À Baré-Bakem, une nouvelle ère pour la transformation du cacao

La pose de la première pierre de l’usine Samen Industry S.A marque une étape décisive dans l’industrialisation de la filière cacao au Cameroun. Au-delà du symbole, l’événement consacre une stratégie de transformation locale ambitieuse, pensée pour stabiliser les revenus des producteurs et renforcer la souveraineté économique.

Dans la ville de Baré-Bakem, le Gouvernement a lancé les travaux d’une nouvelle unité industrielle dédiée au broyage et à la transformation des fèves de cacao. La cérémonie a été présidée par Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, aux côtés de Gabriel Mbaïrobe, ministre de l’Agriculture et du Développement rural. Porté par l’entrepreneur camerounais Patrice Samen, le projet Samen Industry S.A vise à renforcer les capacités nationales de transformation, avec une unité annoncée à 32 000 tonnes par an.

Selon les autorités, le Cameroun transforme aujourd’hui plus de 80 % de sa production cacaoyère, un niveau inédit à l’échelle mondiale. Longtemps fixé à 40 %, l’objectif de transformation locale a été non seulement atteint, mais largement dépassé. Cette dynamique s’inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement SND30 et dans la politique d’import-substitution voulue par le chef de l’État, Paul Biya. L’industrialisation progressive de la filière vise à réduire la dépendance aux exportations brutes et à capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.

Au-delà des chiffres, le message politique est clair : la transformation locale doit profiter d’abord aux producteurs. Le ministre du Commerce a dénoncé la spéculation et l’opacité des marchés internationaux, responsables de fortes variations de prix. Il a appelé les industriels à ouvrir leur capital aux coopératives agricoles afin que les planteurs puissent bénéficier, non seulement du prix des fèves, mais aussi des dividendes issus des produits transformés. Une approche présentée comme un rempart durable contre la volatilité des cours mondiaux.

L’événement de Baré-Bakem s’inscrit dans un agenda plus large. Avant la prochaine campagne cacaoyère, prévue en juillet 2026, l’exécutif entend réunir l’ensemble des acteurs pour définir une politique nationale du cacao. L’objectif est double : mieux répartir les revenus au sein de la filière et préserver la qualité qui fait la renommée du cacao camerounais sur les marchés internationaux.

La cérémonie s’est déroulée en présence de responsables administratifs et techniques, dont Michael Ndoping, directeur général de l’Office National du Cacao et du Café, Samuel Donatien Nengue, administrateur du Fonds de Développement des filières Cacao et café, et Omer Maledy, secrétaire exécutif du Conseil interprofessionnel du cacao et du café. Leur présence traduit la volonté d’aligner investissements privés et politiques publiques autour d’une même ambition : faire du cacao un moteur de croissance industrielle.

Avec la future usine de Samen Industry S.A, Baré-Bakem devient l’un des nouveaux jalons de la carte agro-industrielle du Cameroun. Plus qu’un chantier, c’est un signal envoyé aux marchés et aux producteurs : le cacao camerounais ne se contente plus d’être cultivé, il veut désormais être transformé, valorisé et partagé sur place.

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