Bloc Thali : Un sursis sous conditions pour relancer un projet au point mort
À l’approche de l’échéance de ses engagements contractuels, Tower Resources pourrait bénéficier d’un délai supplémentaire pour lancer ses opérations de forage sur le bloc Thali. Cette prolongation envisagée s’accompagne toutefois d’une recomposition capitalistique jugée déterminante pour débloquer le financement du projet.

Le projet pétrolier du bloc Thali, longtemps enlisé, pourrait connaître un nouveau tournant. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) s’est prononcée en faveur d’un prolongement d’un an de la première phase d’exploration accordée à l’opérateur britannique Tower Resources. Si cette recommandation est validée par le ministère en charge des Mines, l’échéance serait repoussée à mars 2027. Cette décision intervient alors que les délais initiaux arrivent à expiration sans que le moindre forage n’ait été réalisé, malgré les engagements pris il y a une décennie.
Ce délai supplémentaire n’est pas accordé sans contrepartie. Il est étroitement associé à l’entrée d’un nouvel investisseur dans le projet. Tower Resources prévoit en effet de céder près de la moitié de sa participation dans la licence à Prime Global Energies Ltd. Cette opération de type “farmout” vise à mobiliser environ 15 millions de dollars, un apport financier jugé indispensable pour enclencher enfin la phase opérationnelle. L’arrivée de ce partenaire pourrait ainsi lever l’un des principaux obstacles ayant freiné l’avancement du projet : le manque de ressources financières.
Le contrat de partage de production relatif au bloc Thali remonte à 2015. À l’époque, les ambitions étaient élevées, avec un calendrier prévoyant des études sismiques rapides suivies de forages dès 2017. Mais dix ans plus tard, les promesses initiales restent lettre morte. Aucun puits n’a été foré, malgré le potentiel reconnu de cette zone offshore située dans le bassin du Rio Del Rey, à proximité d’infrastructures pétrolières existantes.
Malgré ces retards, le bloc Thali conserve un intérêt certain pour le Cameroun. Sa localisation en eaux peu profondes et sa proximité avec des champs en production en font un actif potentiellement rentable, avec des coûts de développement relativement limités. Certaines structures identifiées, notamment NJOM-3, laissent entrevoir des perspectives encourageantes. Toutefois, sans investissements concrets, ces ressources demeurent inexploitées.
Avec cette possible extension et l’entrée d’un nouvel acteur, le projet semble se rapprocher d’un moment charnière. Le calendrier révisé fixe désormais un objectif clair : engager les opérations de forage avant mars 2027. Pour Tower Resources, il s’agit d’une ultime opportunité de concrétiser un projet resté trop longtemps à l’état de promesse. Pour les autorités camerounaises, l’enjeu est de transformer enfin ce potentiel en production effective.



