Burkina Faso : 61 milliards de FCFA prévus pour accélérer la transformation digitale en 2026
Le gouvernement burkinabè prévoit un budget record pour le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) en 2026. L’objectif : renforcer l’infrastructure numérique, élargir l’accès à Internet et positionner le pays comme un acteur majeur de la transformation digitale en Afrique de l’Ouest.

Pour l’exercice 2026, le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a fixé un budget de 61 milliards de francs CFA (109 millions de dollars), soit le double de celui de 2025. Cette enveloppe a été validée lors de la deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) le 29 décembre. Elle permettra de financer 156 activités allant de l’extension des infrastructures à la modernisation des services publics.
Parmi les projets phares figurent l’installation de 270 km de fibre optique, la couverture de 750 zones blanches en réseau mobile et haut débit, et la mise en service de mini-datacenters. Le plan prévoit également la digitalisation de 100 procédures administratives et la création de nouvelles « maisons du citoyen » pour rapprocher les services des populations.
En 2025, le Burkina Faso avait déjà franchi plusieurs étapes, avec plus de 11 292 km de fibre optique déployés, la connexion de 88 bâtiments au réseau national RESINA et l’acquisition de cinq datacenters. Le pays avait aussi formé 214 agents IT et renforcé les compétences numériques de 169 jeunes filles, en plus du lancement des premières maisons du citoyen.
Le gouvernement aspire à faire des TIC un moteur de développement dans l’administration, la santé, l’éducation, le commerce et l’agriculture. Douze chantiers prioritaires ont été définis pour atteindre cet objectif d’ici 2030. Malgré ces efforts, le Burkina Faso reste classé 175e sur 193 pays selon l’indice de développement de l’e-gouvernement de l’ONU, avec un score de 0,2895, en deçà des moyennes régionales et mondiales.
Sur le plan de la cybersécurité, le pays se situe dans le troisième palier sur cinq selon l’Indice global de l’UIT, avec des points forts en organisation et cadre législatif, mais des marges de progression dans les mesures techniques et la formation. La couverture des réseaux mobiles atteint 85 % en 2G, 64 % en 3G et 46 % en 4G. Le taux de pénétration d’Internet reste faible, à 17 % en 2023, contrastant avec les 55,9 % pour la téléphonie mobile.



