Canal de Suez : ACS et JICA concluent un accord d’environ 22 millions de dollars
Signé le 28 décembre 2025 entre l’Autorité du canal de Suez (ACS) et l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), le nouveau cadre bipartite vise à financer la construction et la livraison du premier navire de soutien à la plongée (DSV). Objectif à terme, renforcer la sécurité, la compétitivité de cette voie commerciale stratégique et rétablir la confiance des acteurs maritimes, ce dans une perspective de relance des activités.

Long de 45 mètres pour 10 mètres de large, le futur navire devrait jouer un rôle assez complexe. Au-delà du renforcement de la sécurité maritime, ce dernier pourra réaliser des opérations de remorquage et d’assistance pour les autres navires en pleine manœuvre. Par ailleurs, il contribuera à améliorer la capacité de réaction rapide en cas d’urgence, l’idée étant d’assurer un fonctionnement durable du canal. Si Rania Al-Mashat, ministre égyptienne de la Planification et du Développement économique assure que, « Cet accord s’inscrit dans le cadre des directives du président Abdel Fattah Al-Sisi … visant à promouvoir les relations bilatérales et à tirer parti de l’expérience du Japon en matière de développement et de technologie afin de soutenir le processus de développement en Égypte ».
L’accord de construction et de livraison du navire, intervient dans un contexte assez particulier pour le secteur maritime égyptien, notamment celui du canal de Suez. Ici, le trafic maritime affiche une chute drastique depuis quelques années déjà. À titre d’illustration, le trafic de porte-conteneurs a chuté de 67 % en 2024 par rapport à 2023, et le nombre total de navires a baissé de plus de 50 % en 2024, avec un -54 % au premier trimestre 2025 comparé à 2023.
À en croire, Osama Rabie, président de l’ACS, « Fin décembre 2024, le nombre de navires y transitant avait chuté de moitié, passant de 26 400 en 2023 à environ 13 200 en 2024, entraînant une baisse des recettes, estimées à près de 4 milliards de dollars contre plus de 10 milliards l’année précédente ». Une tendance confirmée par ONU commerce et développement qui révèle que, « En 2024, les transits par le canal de Suez ont diminué de 42 % par rapport à leur apogée, les principaux acteurs du transport maritime ayant temporairement suspendu leurs passages ».
Bien que l’activité de navigation se soit redressée début 2025, enregistrant une croissance haussière de 8,6 % au premier trimestre. La compréhension de la chute vertigineuse du trafic sur le canal trouve sa source autour d’un événement à la fois géo stratégique et politique. Représentant environ 12 % du commerce mondial, selon le gouvernement égyptien, le passage maritime se retrouve confronté aux impacts néfastes du conflit israélo-palestinien, notamment les attaques houthies pro-Palestine en mer Rouge. Conséquence : la majorité des compagnies préfère la route du Cap de Bonne-Espérance, même si cela rallonge le trajet de plusieurs jours.


