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Commerce agroalimentaire : L’offensive silencieuse du poulet brésilien sur les marchés africains

Face à une demande en protéines animales en constante progression et à des filières locales souvent insuffisantes, l’Afrique renforce ses importations de viande de poulet. Dans ce paysage, le Brésil s’impose progressivement comme un fournisseur clé, avec une présence qui s’est nettement affirmée au cours des cinq dernières années.

La viande de poulet occupe une place centrale dans l’alimentation de nombreux ménages africains, à la fois pour son prix relativement accessible et sa large acceptabilité culturelle. Mais la production locale peine encore à suivre le rythme de la consommation. Résultat : les importations se multiplient, et le Brésil tire clairement son épingle du jeu.

Selon les données consolidées de la filière avicole brésilienne, près d’un million de tonnes de viande de poulet ont été expédiées vers l’Afrique en 2024. Ce niveau marque une nette accélération par rapport au début de la décennie. En l’espace de cinq ans, les livraisons ont progressé de près de trois quarts, traduisant une montée en puissance continue du Brésil sur le continent. Cette dynamique s’est construite par paliers successifs, avec une croissance annuelle soutenue, portée par la compétitivité des prix, la régularité des approvisionnements et la capacité logistique des exportateurs brésiliens à desservir un grand nombre de pays africains.

Le principal point d’ancrage de cette expansion reste l’Afrique du Sud, qui absorbe à elle seule environ un tiers des volumes brésiliens destinés à l’Afrique. Derrière Pretoria, plusieurs marchés se montrent de plus en plus actifs, notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Le Ghana s’est imposé comme l’un des moteurs les plus dynamiques, avec des importations multipliées par six depuis 2020. La République du Congo suit une trajectoire similaire, passant en quelques années du statut de marché secondaire à celui de débouché stratégique pour les exportateurs sud-américains.

L’année 2025 pourrait toutefois introduire une inflexion. La détection d’un foyer de grippe aviaire dans un élevage commercial brésilien au mois de mai a conduit certains pays africains à adopter des mesures de précaution, allant de restrictions temporaires à des suspensions ciblées des importations. L’ampleur réelle de l’impact ne pourra être mesurée qu’avec les statistiques consolidées de l’année en cours. En attendant, une chose est acquise : l’Afrique s’est installée durablement comme le troisième marché mondial du poulet brésilien, derrière l’Asie et le Moyen-Orient, confirmant un basculement structurel des échanges agroalimentaires Sud-Sud.

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