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Commerce extérieur : Aux ports de Douala et Kribi, onze pays captent l’essentiel des exportations camerounaises

Le commerce maritime camerounais continue de voyager dans un cercle restreint de partenaires. Sur la période avril-juin 2025, plus de quatre francs CFA sur cinq issus des exportations ont pris la direction d’un groupe limité de pays. Cette configuration traduit une dépendance marquée vis-à-vis de quelques marchés-clés, même si certains gagnent du terrain pendant que d’autres reculent.

Premier client du Cameroun en valeur, les Pays-Bas confirment leur position dominante. Les ventes y progressent nettement, portées principalement par la filière cacao. Les fèves représentent l’essentiel des expéditions, tandis que les produits semi-transformés affichent des évolutions contrastées. Malgré cette croissance, la part de marché néerlandaise reste stable, signe que d’autres destinations ont aussi accru leurs achats.

Deuxième destination en 2024, le Bangladesh marque le pas au T2 2025. La valeur des cargaisons expédiées vers ce pays diminue sensiblement, tout comme les volumes. Ce repli réduit son poids dans la structure globale des exportations, traduisant un affaiblissement temporaire de ce débouché asiatique, notamment pour les produits agricoles bruts.

La progression la plus spectaculaire vient des États-Unis, désormais troisième marché d’exportation. La hausse repose surtout sur les produits transformés issus du cacao, en particulier la pâte et les dérivés gras. Le bois débité complète ce panier, illustrant une diversification partielle des ventes à destination de ce marché nord-américain.

Vers la France, la valeur des exportations augmente, dominée par les produits dérivés du cacao. Les bananes reculent légèrement, mais l’ensemble du flux reste orienté à la hausse. En revanche, la Belgique enregistre un repli en valeur, malgré une progression des expéditions de bois. Les fèves de cacao et certaines cultures comme la banane ou le caoutchouc y sont en baisse.

Sur l’ensemble du trimestre, les fèves de cacao concentrent plus du tiers de la valeur exportée. La pâte, les bois débités et le coton suivent, tandis que les beurres et huiles de cacao complètent le tableau. En glissement annuel, le cacao et le café affichent des hausses particulièrement marquées, confirmant la vigueur des produits agricoles dans les recettes extérieures.

Cette configuration traduit un basculement progressif depuis la dépendance aux hydrocarbures vers l’agriculture comme moteur de devises. Elle révèle aussi une vulnérabilité structurelle : la concentration sur un nombre limité de marchés et sur une matière première dominante expose le pays aux variations de prix internationaux. Une baisse des cours du cacao pourrait rapidement éroder les gains actuels, rappelant l’urgence de diversifier à la fois les produits exportés et les destinations commerciales.

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