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Commerce régional : Le Cameroun passe au fret numérique sur l’axe Douala–N’Djamena

D’ici à la fin du siècle, le réchauffement mondial pourrait réduire drastiquement les surfaces de prairies adaptées au bétail en Afrique. Une menace directe pour des millions d’éleveurs et pour l’équilibre alimentaire du continent.

Réunis à Douala le 20 février 2026, les responsables du fret terrestre camerounais et tchadien ont enclenché une mue attendue : la dématérialisation des formalités clés du transport routier de marchandises. Le projet est porté conjointement par le Bureau de gestion du fret terrestre et le Bureau national de fret terrestre. Au cœur du dispositif figurent la lettre de voiture obligatoire, document contractuel et de traçabilité, et la taxe à l’essieu, ressource dédiée à l’entretien routier. Désormais, ces démarches s’effectuent en ligne via des plateformes régionales interconnectées.

La numérisation vise trois priorités : rendre les procédures plus lisibles pour les transporteurs, mieux sécuriser les recettes publiques et conserver la maîtrise des données du secteur. Les premières agences connectées couvrent les ports de Douala et Kribi, le pôle de Ngaoundéré et le poste frontalier de Koutéré, étape stratégique vers le Tchad.

Long de près de 2 000 km, l’axe reliant Douala à N’Djamena concentre les critiques des professionnels. Une mission de terrain conduite fin janvier 2026 a recensé 64 arrêts sur 1 392 km, soit un point de contrôle tous les 21 km environ. Chaque immobilisation entraîne surcoûts en carburant, usure des véhicules et retards de livraison. Avec environ 20 000 mouvements annuels vers le Tchad, représentant plus d’un million de tonnes de marchandises, l’impact financier est lourd. Pour un parc de 1 000 camions effectuant une rotation mensuelle, les délais cumulés peuvent renchérir le transport d’environ 15 % par tonne-kilomètre. À l’échelle régionale, les pertes pour les transporteurs se chiffrent en dizaines de milliards de FCFA.

Le projet prévoit l’interconnexion avec d’autres systèmes administratifs afin de limiter les contrôles redondants. L’ambition est de transformer la frontière en simple étape électronique, sans rupture de charge. Au-delà de la modernisation des formalités, l’enjeu est stratégique : préserver l’attractivité logistique du Cameroun comme porte d’entrée de la zone Cemac et garantir un approvisionnement plus rapide et moins coûteux pour le marché tchadien. Dans un contexte de concurrence accrue entre corridors, la bataille se joue désormais autant sur la route que sur les écrans.

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