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Coopération Cameroun–FMI : Stabilité budgétaire reconnue, priorités à arbitrer

En mission à Yaoundé, le Fonds monétaire international salue la tenue des finances publiques du Cameroun. Mais l’institution appelle à des choix budgétaires plus fins pour concilier discipline financière, dépenses sociales et investissements structurants inscrits dans la SND30.

Ouverte début février au ministère de l’Économie, la mission du FMI s’inscrit dans le cadre des consultations macroéconomiques régulières avec les autorités camerounaises. Les échanges ont notamment porté sur la trajectoire des finances publiques, la croissance et la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. À l’issue des premiers travaux, la cheffe de délégation du FMI a souligné la qualité du dialogue engagé avec le gouvernement, axé sur les principaux enjeux à moyen terme.

L’institution de Bretton Woods reconnaît que le Cameroun a su préserver une position budgétaire relativement stable, en maîtrisant son déficit et son endettement. Cette performance est jugée importante non seulement pour l’économie nationale, mais aussi pour l’équilibre de la sous-région CEMAC, où le pays occupe une place centrale. Toutefois, cette stabilité est perçue comme un socle, et non comme une fin en soi. Elle doit désormais servir de base à une croissance plus robuste et plus inclusive.

Le FMI estime que les prochaines années devront être marquées par des arbitrages plus subtils. Le défi consiste à financer les besoins sociaux croissants, tout en soutenant les investissements publics indispensables aux infrastructures, notamment dans l’énergie, les routes et les télécommunications. Ces secteurs sont identifiés comme des leviers majeurs pour libérer le potentiel productif du pays. L’enjeu est donc de maintenir une politique budgétaire soutenable, sans sacrifier les priorités de développement.

La mission a également consacré plusieurs séances au dialogue avec les entreprises, en particulier à Douala. Les représentants du secteur privé ont mis en avant les obstacles à l’investissement, tels que le poids de la fiscalité, la parafiscalité et les lacunes en infrastructures. Ils ont aussi plaidé pour un meilleur alignement entre la formation et les besoins du marché du travail, condition jugée essentielle pour renforcer l’emploi et la compétitivité.

Sur le plan opérationnel, les équipes du FMI ont analysé les projections de recettes fiscales et non fiscales pour la période 2025-2028, ainsi que l’évolution des dépenses publiques et du déficit. Les discussions ont aussi porté sur l’audit des arriérés intérieurs et sur les procédures exceptionnelles d’exécution budgétaire. Par ailleurs, les échanges avec la Banque des États de l’Afrique centrale ont permis d’examiner les agrégats monétaires, les réserves de change et le fonctionnement du marché régional des titres publics, en lien avec la stratégie d’endettement de l’État.

Pour le FMI comme pour les autorités camerounaises, l’objectif dépasse la seule discipline comptable. Il s’agit de bâtir un cadre macroéconomique capable de soutenir durablement l’investissement, l’emploi et le bien-être des populations. La stabilité budgétaire est donc présentée comme un préalable à une dynamique plus ambitieuse, orientée vers une croissance forte et socialement bénéfique.

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