Coopération financière : La BCC et la BEAC scellent une alliance technique pour sécuriser et moderniser la finance d’Afrique centrale
À Kinshasa, la Banque centrale du Congo et la Banque des États de l’Afrique Centrale ont formalisé un partenariat visant à intensifier leurs échanges d’expertise. L’accord ambitionne d’harmoniser certaines pratiques de régulation et de renforcer la résilience des systèmes financiers face aux risques numériques et transfrontaliers.

Signé le 28 février 2026 à Kinshasa, le protocole d’accord pose les bases d’une coopération structurée autour de domaines jugés stratégiques. Les deux institutions entendent collaborer sur la supervision bancaire, la modernisation des systèmes de paiement et la sécurisation des transactions, y compris au-delà des frontières. La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme figure également parmi les priorités, au même titre que la cybersécurité et l’inclusion financière. L’objectif est clair : partager méthodes et outils pour réduire les fragilités des circuits financiers, dans un environnement où la digitalisation progresse plus vite que les dispositifs de contrôle.
L’accord a été paraphé par André Wameso pour la BCC et Yvon Sana Bangui pour la BEAC. Au-delà du contenu technique, le geste symbolise une volonté de rapprochement entre deux espaces monétaires voisins. La BEAC est l’institut d’émission commun des États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, tandis que la République démocratique du Congo suit une trajectoire monétaire propre. Ce dialogue institutionnel crée des passerelles opérationnelles sur des sujets où les interdépendances sont déjà fortes : paiements, conformité et sécurité.
La signature intervient à l’issue d’une réunion des gouverneurs des banques centrales d’Afrique centrale organisée à Kinshasa. Les discussions ont porté sur la convergence macroéconomique, l’harmonisation des cadres de politique monétaire et la coordination face aux chocs extérieurs. Un rapport sur le respect des critères de convergence a notamment été validé après plusieurs jours de travaux techniques.
Pour les observateurs, ce partenariat illustre une dynamique d’intégration « par le bas », portée par les infrastructures financières avant les choix politiques plus structurants. En misant sur la compatibilité des systèmes de paiement et sur des standards communs de supervision, la BCC et la BEAC cherchent à fluidifier les échanges économiques tout en renforçant la confiance dans les dispositifs prudentiels.
À terme, cette coopération pourrait servir de modèle à d’autres rapprochements régionaux, dans un contexte où la stabilité financière dépend de plus en plus de la capacité des institutions à travailler ensemble face aux menaces numériques et aux flux transfrontaliers croissants.



