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Coopération financière : Le Cameroun se prépare à renouer avec le FMI, sous condition régionale

Réunis à Paris mi-mars 2026, les États de la Cemac ont affiché leur volonté de consolider leur partenariat avec le FMI. Pour le Cameroun, cette orientation vise à préserver des appuis budgétaires essentiels, mais reste suspendue à une exigence clé : l’alignement des politiques économiques au niveau régional.

À l’issue d’une rencontre stratégique tenue le 17 mars 2026 dans la capitale française, les pays de la Cemac ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur coopération avec le Fonds monétaire international. L’objectif est double : maintenir la stabilité macroéconomique et reconstituer des réserves de change fragilisées par les chocs récents. Dans ce cadre, les États dont les programmes sont arrivés à échéance, à l’instar du Cameroun, du Congo et du Gabon, se sont engagés à négocier de nouveaux accords. Les autres pays encore sous programme ont, quant à eux, promis de poursuivre les réformes en cours. Ce positionnement collectif envoie un signal de discipline économique, scruté de près par les partenaires techniques et financiers.

Pour Yaoundé, l’intérêt d’un nouveau programme dépasse le simple cadre technique. Entre 2017 et 2025, le pays a bénéficié d’importants appuis budgétaires, estimés à près de 2 600 milliards de FCFA. Ces ressources ont contribué à soutenir les finances publiques dans un contexte marqué par des pressions sécuritaires et des besoins d’investissement élevés. Sans nouvel accord, ces financements pourraient se tarir, obligeant l’État à explorer d’autres leviers, souvent plus coûteux. Cette perspective explique le plaidoyer formulé dès octobre 2025 par le ministre des Finances en faveur d’un renouvellement du partenariat. Après plusieurs mois d’hésitation et un arbitrage au sommet de l’État, la ligne semble désormais clarifiée : le Cameroun veut rester arrimé au cadre du FMI.

Cependant, la signature d’un nouveau programme ne dépend pas uniquement de la volonté nationale. Elle est liée à une exigence préalable à l’échelle de la Cemac : la validation de la revue des politiques économiques communes. Cette évaluation, pilotée par le FMI, devait initialement être finalisée fin 2025. Mais elle a été repoussée en raison de divergences entre les États membres, notamment sur l’alignement des politiques budgaires et les engagements collectifs en matière de réformes. Ce retard agit comme un verrou. Tant que cette revue n’est pas validée, les nouveaux programmes nationaux restent en suspens. Il a déjà provoqué le report de certains décaissements dans la sous-région et continue de peser sur les négociations en cours.

Dans les coulisses, la pression monte pour accélérer les ajustements nécessaires. L’enjeu est de taille : sans cadre régional cohérent, chaque pays risque de voir ses marges de manœuvre financières se réduire. Pour le Cameroun, comme pour ses voisins, l’équation ressemble à un mécanisme d’horlogerie fine : chaque pièce, nationale ou régionale, doit s’imbriquer parfaitement pour relancer le flux des financements extérieurs. Reste à savoir si les États de la Cemac parviendront à harmoniser leurs politiques à temps. Car derrière les engagements affichés à Paris, c’est toute la crédibilité économique de la sous-région qui se joue.

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