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Cryptomonnaies : La fraude recule en Afrique, signe d’un marché en voie de structuration

Selon un rapport publié par la société de vérification d’identité Sumsub, le taux de fraude sur le marché africain des cryptomonnaies a reculé de 28 % en 2025 pour s’établir à 2,6 %. Une évolution qui traduit la montée en puissance des dispositifs de conformité et de sécurité, dans un secteur qui fait face à des menaces technologiques de plus en plus sophistiquées.

Le marché africain des cryptomonnaies semble entrer dans une phase de consolidation. D’après le rapport State of the Crypto Industry 2026 publié par Sumsub, la proportion d’activités frauduleuses a reculé de manière notable sur le continent en 2025. Le taux de fraude s’est établi à 2,6 %, contre 3,6 % un an plus tôt, soit une diminution de près d’un tiers. L’étude repose sur les données internes de la plateforme concernant les processus de vérification d’identité entre 2024 et 2025, complétées par une enquête menée auprès de 300 entreprises du secteur. Cette évolution s’explique notamment par l’amélioration des outils de détection et de prévention mis en place par les plateformes d’échange et les prestataires de services liés aux actifs numériques.

La situation reste toutefois contrastée selon les pays. Certains marchés particulièrement actifs affichent des niveaux de fraude relativement faibles. Le Kenya enregistre le taux le plus bas du continent avec 2,5 %, suivi du Nigeria (2,6 %) et de l’South Africa (3,1 %). Le Ghana affiche quant à lui un niveau plus élevé, à 4,6 %. Dans d’autres pays où l’activité cryptographique reste plus limitée, notamment le Sénégal, le Mali, la Tanzanie, le Tchad, l’Ouganda et le Cameroun, la fraude dépasse encore le seuil des 5 %.

Les progrès réalisés en matière de contrôle d’identité contribuent également à la sécurisation du marché. Le temps moyen de vérification des utilisateurs en Afrique est passé de 25 secondes en 2024 à 18 secondes en 2025. Cette performance place le continent légèrement au-dessus de la moyenne mondiale, établie à 19 secondes, même si l’Europe et l’Amérique du Nord conservent une avance avec environ 16 secondes. Cette rapidité s’explique par l’adoption de solutions conçues pour des environnements « mobile first », adaptées à la forte utilisation des smartphones et aux contraintes de connectivité.

Autre évolution notable : la progression des systèmes de vérification sans documents, appelés « Non-Doc verification ». Cette technologie permet d’authentifier les utilisateurs sans exiger le téléchargement de pièces d’identité, ce qui accélère l’intégration des nouveaux comptes. En 2025, les taux de réussite de ces processus ont atteint 92 % au Nigeria, 93 % au Kenya et 94 % en South Africa.

Parallèlement aux innovations technologiques, plusieurs pays africains ont renforcé leurs réglementations en matière d’actifs numériques. L’Afrique du Sud a ainsi appliqué la règle internationale dite « Travel Rule », qui impose aux prestataires de services crypto de partager les informations relatives aux expéditeurs et aux bénéficiaires lors des transferts. Le pays a également introduit de nouvelles dispositions fiscales dans le cadre du Crypto-Asset Reporting Framework. De son côté, le Nigeria a adopté une législation reconnaissant officiellement les actifs virtuels comme des titres financiers, tandis que le Kenya a instauré une loi encadrant les prestataires de services d’actifs virtuels et les obligations de licence.

À l’échelle mondiale, la fraude liée aux cryptomonnaies est restée relativement stable autour de 2,2 % entre 2024 et 2025. Dans ce paysage, l’Afrique apparaît comme l’une des régions ayant enregistré la plus forte amélioration, confirmant l’entrée progressive du secteur dans une phase de maturité réglementée.

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